(Room40 / Import)
20/11/2020
Classique

Après plusieurs disques dans lesquels il croisait piano ou orgue avec des éléments micro-électroniques (crépitements ou triturations), Chris Abrahams se concentre uniquement sur le clavier noir et blanc pour Appearance. Alors qu’à l’occasion de ses sorties précédentes sur Room40, ces pages relevaient que l’Australien parvenait à éviter l’écueil de la pose, en ne laissant jamais le piano agir seul, le risque existait d’heurter cet obstacle sur un long-format constitué de deux morceaux d’une vingtaine de minutes chacun.
Le risque étant d’autant plus grand que cet unique instrument se voit confier des partitions comportant plusieurs silences et notes tenues, afin que l’auditeur s’en imprègne profondément. Fort heureusement, toutefois, c’est avec une sorte de grâce un peu inexplicable que se déroule Appearance, porté par le jeu subtil de Chris Abrahams, majoritairement tourné vers les médiums, le caractère mélodique tout juste marqué de ses compositions et la belle acoustique trouvée dans le studio d’enregistrement.
Alors, évidemment, on peut se demander si la durée de chaque titre est véritablement travaillée, ou bien si le musicien ne divague pas sans bien savoir comment, ni quand, s’arrêter (à l’image des conclusions des deux pistes, quasi-suspendues, comme stoppées en milieu de mesure). De même, on peut trouver que les doigts courent un peu trop sur le clavier de Surface Level, dans un geste un rien démonstratif. Mais l’ensemble fait montre de suffisamment de sincérité et de qualité pour dépasser ces réserves ou circonspections.
le 12/02/2021