(130701 / PIAS)
27/11/2020
Rock

Peu à peu, l’ensemble des artistes qui constituaient Eleven Into Fifteen, cette compilation-anniversaire publiée en 2016 par 130701, vont se retrouver chroniqués ici. Plusieurs d’entre eux nous étaient déjà familiers avant cette parution, d’autres le sont devenus depuis (comme, par exemple Dmitry Evgrafov, dont nous venons de rendre compte du nouvel album) et, avec le présent disque, la liste sera quasi-complète. De fait, alors qu’on avait manqué son premier album (déjà sur 130701, il y a plus de trois ans), Olivier Alary trouve le chemin de ces pages, pour un projet mené, en transatlantique, avec Johannes Malfatti. Tandis que le premier (originaire de Toulouse) est basé à Montréal, le second réside, en effet, à Berlin et le disque a été préparé grâce à la VOIP et à de outils comme Skype.
Pour autant, la distance ne se fait pas ressentir sur les dix morceaux que constitue cet album. Au contraire, c’est plutôt l’impression d’une grande proximité (à la fois entre les musiciens, mais aussi avec l’auditeur) qui prédomine, aidée par le choix d’instrumentaux travaillés, marqués par une orchestration assez sobre (alors qu’on avait le souvenir de quelque chose de plus chargé, sur Eleven Into Fifteen). Pour broder sur cette thématique de la communication distanciée, le Français et l’Allemand intègrent quelques voix samplées, trouvées sur des vidéos ou sur les réseaux sociaux, habiles composantes, hésitant un peu sur leur positionnement, s’excusant presque de s’introduire au milieu de volutes instrumentales qui savent monter en puissance pour se faire presque submergeantes (사랑 해).
Habitués du travail d’accompagnement musical (ils multiplient les musiques de films et autres bandes-sons), Alary et Malfatti ont su, ici, s’entourer de quelques invités, chargés des cordes, de l’orgue ou de la clarinette, intervenant sur quelques pistes pour donner une coloration plus riche que les claviers, triturations et apports électroniques déjà apportés par les deux auteurs principaux. Joliment mixé, le disque présente ainsi crépitations, petits souffles et bruissements aux côtés de ces instruments réels et de voix plus spectrales. La conjonction de ces différents agrégats fait même naître une émotion certaine, issue du caractère quasi-plaintif de la voix, mêlé aux poignantes nappes musicales (Allo Adad !).
le 18/02/2021