(Ghostly International / Bigwax Distribution)
11/12/2020
Electronique

Bien calé sur ses deux jambes (celle de Goldmund et celle d’Helios), Keith Kenniff a pris le rythme, depuis 2015, de sortir quasi-simultanément les albums de ses deux projets solos. C’est donc deux mois après The Time It Takes (dernière publication en date de Goldmund) qu’arrive un nouvel effort d’Helios, stabilisé sur Ghostly International et, musicalement, dans une ambient où des nappes tenues sont chargées de constituer des aplats enveloppants.
Déroulant cette formule un rien trop sommaire, l’États-Unien attend le troisième morceau (Our Distance) pour offrir quelque chose d’un peu différent, par l’entremise d’oscillations un peu vibrantes, conjuguées à un travail sur la stéréo. Les accords passent ainsi d’une oreille à l’autre, dans un mouvement entre berceuse et forme de titubation un peu éméchée. Ce sentiment se dissipe avec les lueurs du jour convoquées par les apports musicaux et lumineux de Penumbra (un intitulé en forme d’antiphrase) ou, en fin de disque, les touches plus oniriques d’A Sense Of Ending, possibles trouées d’espoir dans une année bien terne.
Comme tant d’autres disques sortant ces semaines-ci, Domicile (titre limpide, surtout en français) a, naturellement, été composé et enregistré pendant une période de confinement et sonne à la fois comme une tentative de sortir de cette réclusion, et comme le constat d’un repli sur soi. Sous ce jour, on pourra regretter une forme de facilité de la part d’Helios qui enchaîne les morceaux sans véritable prise de risque, titres qui varient entre quatre minutes vingt et sept minutes, durée adaptée pour ce type de propositions musicales mais qui, en contrepartie, ne l’amène pas à offrir quelque chose de plus resserré. De même, toute velléité rythmique, comme tout apport instrumental autre, sont mis de côté, au profit des seules plages éthérées, composantes possiblement trop paresseuses pour celui qu’on sait capable de bien mieux.
le 24/02/2021