(sound in silence / Import)
14/12/2020
Electronique

Trio très prolifique (une dizaine d’albums depuis 2013, ainsi que cinq sorties live et quelques EP), Hotel Neon fait partie de ces formations qu’on a, jusqu’à présent, écouté mais sur lesquelles on ne s’était jamais arrêté. De fait, leurs disques sur home normal ou Fluid Audio nous avaient paru trop peu singuliers pour faire l’objet d’une recension sur ces pages, venant s’inscrire dans la discographie de ces labels sans vraiment s’en démarquer (les États-Uniens font, d’ailleurs, paraître, un long-format supplémentaire, deux semaines après celui dont il va être ici question, sur Fluid Audio). Avec Moments, disque sur sound in silence, il était peut-être temps de faire mention du groupe de Philadelphie, adepte d’une ambient à la fois minimale et cotonneuse, tout à fait adaptée pour la période hivernale et quasi-confinée.
Avec des textures légèrement bruissantes, quelques touches plus mélodiques, des vagues numériques et un travail sur l’enveloppement sonore de l’auditeur, on est en terrain plutôt connu. Néanmoins, une nouvelle fois, il s’agit là typiquement d’un registre musical dans lequel on aime se retrouver quand le climat s’y prête, un peu comme on aborde des rivages familiers et connus, mais qu’on prend toujours autant de plaisir à le faire. C’est ainsi que les frères Andrew et Michael Tasselmyer et Steven Kemner concoctent sept pistes à la beauté un peu ouatée, sachant offrir certains titres dans lesquels les accords de synthé prennent davantage de place, offrant des touches plus chromatiques et émouvantes (oct 13, possiblement le meilleur titre du disque, avec son mélange de nappes d’arrière-plan, de touches plus directes et témoignant d’une belle progression).
Plus généralement, Moments dégage l’impression d’une montée émotionnelle au fur et à mesure de son déroulé : débutant dans une veine assez minimale, voire ascétique, voire distanciée, le disque gagne en chaleur et en bienveillance au gré de l’enchaînement des titres, comme s’il s’animait progressivement, qu’il infusait en nous tout en prenant corps par lui-même. Cette forme d’existence d’un objet inanimé (qui aurait donc une âme) participe alors à la bonne réception d’une proposition tout à fait honnête et intéressante.
le 03/03/2021