(sound in silence / Import)
14/12/2020
Rock

Alors que Port-Royal ne se signale plus que par des rééditions (Flares, le premier album des Italiens, a ainsi été publié en vinyle, à l’occasion de son quinzième anniversaire), ses membres demeurent actifs en parallèle. C’est ainsi qu’Ettore Di Roberto a fondé, en 2018, un duo avec un bassiste transalpin, pour un projet plus ambient et arythmique que le fameux trio qui nous a livré tant de beaux disques. Après une première parution uniquement digitale, Julian Ross passe, avec ce deuxième album, au format physique, publié par sound in silence, label tout à fait indiqué quand il s’agit d’explorer les différentes scènes européennes oscillant entre post-rock et ambient.
Pendant la grosse demi-heure que dure Fadeaway, on se trouve, en effet, face à une conjonction de nappes, de bribes de guitare acoustique (en arpèges ou grattée) et de quelques samples parlés. Si l’aspect mélodique des six-cordes est réel (par exemple, à la fin d’Us), le propos est quand même majoritairement tourné vers les field recordings et plages de synthé. Á ce titre, certaines, par leurs tonalités et leurs articulations avec la basse d’Andrea Comotto, nous font diablement penser à des débuts de morceaux de Port-Royal, si bien que nous en venons à espérer une envolée rythmique, qui n’arrive pas véritablement (sauf à la fin de Death, quand, sur une petite minutes, des grésillements se mettent en cadence).
Dans un tel contexte, l’auditeur peut ressentir une légère frustration, comme titillé par ces frémissements et petites montées en puissance, mais privé de la suite qu’il pourrait en attendre. Il en résulte une forme de petite déception face à l’écoute de Fadeaway, sentiment accentué par la relative brièveté d’un disque qui fait naître des espoirs, mais ne dépasse jamais ce stade. Certes n’était-ce certainement pas le projet du duo italien, mais l’impression demeure…
le 08/03/2021