(Schole / Import)
11/12/2020
Electronique

Un an après We Were Young When We Left Home, et comme s’il fallait absolument fonctionner en diptyque, Tim Linghaus retrouve un schéma assez proche de cet album-ci (après deux longs-formats précédents davantage tournés le néo-classique). C’est ainsi que les synthétiseurs, chant doté d’auto-tune et petites rythmiques laid-back se trouvent en majesté tout au long des quinze morceaux d’un album à nouveau centré sur le divorce abordé du point de vue d’un enfant.
Avec cette formule réitérée, notre impression sera assez similaire à celle de l’an passé : les propositions de l’Allemand se font plutôt touchantes et émouvantes, et la sincérité du propos n’est pas en cause. À côté de cela, quelques facilités, voire faiblesses, jalonnent malheureusement le parcours. Les filtres sur la voix, en premier lieu, qui apparaissent comme des formes de travestissement vocal non nécessaire (l’auditeur peut très bien se figurer être face à un enfant sans qu’un tel artifice n’intervienne) et quelques apports instrumentaux, ensuite. Citons, ainsi, la petite envolée du saxophone de Tobias Leon Haecker au début d’Unfold (qu’on croirait échappée de Careless Whisper) ou le solo d’une guitare elle aussi très marquée 80’s de Rebuild.
Plus généralement, c’est l’atmosphère un peu smooth jazz du disque qui nous gêne, entre caractère émollient et aspect un rien décoratif. Toutefois, s’il s’agissait de restituer la langueur qui s’attache à l’enfant divaguant, dans le souvenir de ses parents encore ensemble, l’objectif est alors réussi.
le 12/03/2021