(Autoproduit / Internet)
06/01/2021
Electronique

Depuis Invisible Kin, album qui nous avait emballés fin 2017, The Tin Box a publié plusieurs autres sorties digitales, sans que nous ayons pris le temps de nous y arrêter, faute probablement d’avoir paru sur des labels identifiés. Avec la nouvelle année, on fut alerté sur un nouvel exercice du New-Yorkais, proposition de cinq morceaux et une grosse demi-heure qui reprend la légèreté et le caractère aérien du long-format précité, mais sans y adjoindre aucune rythmique électronique.
Il s’agit plutôt, sur ce Play, de jouer avec des dégringolades cristallines de synthé et des rivières numériques (Treasures), sans forcément chercher à composer de véritables mélodies. Pour autant, les matériaux utilisés parviennent, à eux-mêmes et presque sans la volonté de leur utilisateur, à former des chromatismes envoûtants. Si, sur la durée, on peut avoir l’impression que ces matériaux prennent le dessus sur The Tin Box, vivant leurs propres vies, indépendants et libres, jusqu’à échapper à leur auteur, il ne les laisse, en vérité, pas aller jusqu’à la démonstration de force, les contenant dans un schéma raisonnable.
Le passé de musicien de jazz de Tucker Sferro ressurgit également quand il convoque des sonorités de basse ou de marimba digitalisés, venant ajouter leurs interventions rebondies aux notes métalliques et aquatiques des autres composantes (Communion). La filiation est moins directement audible, mais tout aussi possible sur Seasons et Constellation, portés par une ligne mélodique qu’on pourrait penser improvisée, accompagnée de petits effets percussifs qui permettent de structurer un ensemble peut-être moins original que sur Invisible Kin, mais tout à fait convaincant.
le 19/03/2021