(Mille Plateaux / Bigwax Distribution)
08/01/2021
Electronique

Capitalisant doublement sur une année 2020 très riche, Automatisme tire parti de son arrivée sur Mille Plateaux et de Terrain Reduction, disque inspiré par la théorie altermoderniste du critique d’art Nicolas Bourriaud. En effet, Alter- Vol. 2 est publié par le label allemand et poursuit le lien avec les écrits du curateur français. Si, facialement, il ne s’agit pas d’un nouveau disque d’Automatisme, mais d’une parution du duo qu’il forme avec un autre Canadien, ce long-format paraît pourtant s’inscrire clairement dans la discographie de William Jourdain.
Avec son jeu sur les fréquences, ses pulsations à la fois métalliques et légèrement dub, ses glitchs, son travail sur la répétition, son minimalisme d’ensemble et ses déploiements assez longs (plus de huit minutes de moyenne, pour plus d’une heure et vingt minutes au total), l’album perpétue, donc, l’approche suivie par Automatisme sur ses précédents travaux. Dans ce contexte, quel serait l’apport de Pheek à cet ensemble ? Difficile à évaluer, sa contribution réside peut-être dans les nappes et souffles qui irriguent des pistes comme Version 3 (les titres s’intitulent tous ainsi, avec un numéro de « Version » correspondant à leur position sur le disque), sortes de mélange entre tapis sonore et courant électronique charriant les micro-éléments de son compère.
Comme sur les travaux précédents d’Automatisme, la répétition du même peut conduire à une forme de saturation (voire une usure) de l’auditeur, qui peut se montrer avide d’autre chose que des tapotements réitérés, des fragments troncaturés et des bribes mélodiques esquissées. C’est ainsi qu’on sera davantage intéressé par des pistes comme Version 8, dans laquelle une basse se charge de quelques développements chromatiques tandis que de rares bips interviennent en surface d’une couche assez travaillée, ou comme Version 9 et ses nappes ondoyantes et chamarrées.
le 22/03/2021