(Time Released Sound / Import)
05/02/2021
Electronique

Avec leurs packagings soignés (toujours une version « deluxe » ultra-limitée, avec petits objets et photographies, en plus des versions « standard » déjà très ouvragées), les disques de Time Released Sound sont aussi l’occasion d’arpenter les différents territoires ambient de la planète. Pour cette sortie hivernale, le label californien nous permet de découvrir un Argentin installé à Sydney, adepte de ce qui, au début, semble se cantonner à une musique majoritairement instrumentale, faite de conjonctions de piano, guitare traitée et nappes électroniques. Dans une atmosphère un peu cotonneuse et très évocatrice, l’heure que dure l’album ne se limite toutefois pas à la mise en place de lignes superposées et vaporeuses.
En effet, une piste comme Sunflowerchild offre une mélodie identifiable de piano, des tintements de Glockenspiel et une petite rythmique, pour un résultat tout à fait délectable, rehaussé d’un chant assuré de concert par un adulte et un enfant. Le climat résultant de ce titre, avec ses touches lumineuses de piano, ses bruits aquatiques et ses hululements infuse dans les titres suivants (The Name Of Any River, avec ses jolis accords pincés de guitare électrique et sa relance rythmique au milieu). Plus généralement, le disque, dans ses deux derniers tiers, et à partir de Sunflowerchild, donc, prend une ampleur et une consistante toutes autres, avec des instruments plus identifiés (la six-cordes pincée ou en arpège, le piano), un traitement électronique plus poussé et une construction de chaque morceau plus travaillée (des relances, et aussi des progressions ou des montées émotives).
Débuté comme un disque ambient assez classique, Morning Trials prend alors des atours plus orchestrés, plus riches et plus proches d’un mélange entre post-rock et lo-fi comme savent en offrir quelques groupes anglais. Les traits tenus de guitare électrique et le chant masculin dans une langue non distinguable (MM) ou le mélange entre chœurs lointains et mesures de piano (Golden Milk) lorgnent même plus au nord, vers les frimas islandais. Tenant la ligne de cette belle ambition, Francisco Sonur livre, au total, un long-format pleinement séduisant, jolie révélation de ce début d’année.
le 09/04/2021