A Winged Victory For The Sullen

Invisible Cities / Le Città Invisibili

(Artificial Pine Arch Manufacturing / Import)

 date de sortie

26/02/2021

 genre

Electronique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 tags

A Winged Victory For The Sullen / Adam Wiltzie / Artificial Pine Arch Manufacturing / Dustin O’Halloran / Néo-Classique

 liens

Dustin O’Halloran
A Winged Victory For The Sullen
Adam Wiltzie

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Comme pour leur précédent effort, les deux membres d’A Winged Victory For The Sullen ne prennent même pas la peine de citer ou créditer les musiciens opérant sur leur disque. À part le chef d’orchestre, aucun intervenant n’est donc mentionné, renforçant le sentiment (largement développé dans notre précédente recension) de se trouver face à deux bons compositeurs, mais qui n’existent plus que par leur capacité à écrire des morceaux illustratifs joués par un orchestre symphonique. Après la bande-originale d’un film, c’est la bande-son d’une pièce de théâtre, adaptée du roman d’Italo Calvino Les Villes Invisibles, qui se trouve ici saisie sur disque.

Musicalement, une fois exprimées nos réserves (malheureusement habituelles pour le duo), que se passe-t-il sur celui-ci ? On relève, avant même d’enclencher la lecture que le propos est morcelé (treize morceaux, pour trois minutes et quelques de moyenne), format assez typique d’une bande-son. Sur le plan instrumental, la palette est assez riche avec des cordes, des cuivres, un piano ou une guitare acoustique qui se trouvent, tour à tour, mis en avant. Quelques vocalises féminines sont également invitées (Desires Are Already Memories), comme de bien entendu. Enfin, de l’électronique pure est sollicitée, pour une variation un peu différente, plus complexe (Thirteenth Century Travelogue). D’autres composantes synthétiques crépitantes arrivent à perturber les déliés de violoncelle de There Is One Of Which You Never Speak. Cependant, la relative brièveté de chaque titre empêche de pleinement goûter les apports de ces adjuvants successifs puisqu’on sort de la plupart des pistes à peine entré dedans.

C’est d’autant plus frustrant qu’on sait tout ce dont le duo est capable, quand il s’aventure au-delà de terres assez convenues (le dernier morceau, avec ses guitares électriques saturées, sa montée en puissance et ses petites explosions sonores, en est une belle preuve). Au total, on aimerait donc bien que Adam Wiltzie et Dustin O’Halloran reviennent à davantage de simplicité, oublient qu’ils sont reconnus et sachent dire « non » aux propositions qui émanent de part et d’autre. Qu’ils redeviennent de simples musiciens, en fait, ce qui ne serait déjà pas si mal.

François Bousquet
le 03/05/2021

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