(Denovali Records / Season of Mist)
26/03/2021
Electronique

Ne sachant pas très bien lui-même s’il s’est séparé ou recentré sur le seul Tom Hill, le duo Origamibiro entreprend pourtant de livrer un nouvel album, regroupement de morceaux composés dans les sept années qui nous séparent de la parution de leur dernier long-format. Celui-ci avait vu les Anglais revenir à la folk-electronica de leurs débuts, pour un résultat tout à fait convaincant. C’est dans cette bonne lignée qu’on les retrouve ici, avec douze titres permettant aux rythmiques et instruments de dialoguer dans un ensemble marqué par une forme de légèreté, quelque chose de très instinctif et spontané, assez typique de ce style musical.
Arpèges de guitare et autres interventions pincées sur la cithare, percussions sèches en bois ou en peau, fragments de cordes et notes de piano forment ainsi la base des compositions d’Origamibiro. De petites phrases mélodiques plus identifiables affleurent à quelques endroits (Steel Gleese, Fracture), comme s’il s’agissait de la version instrumentale d’une ligne chantée qui aurait été enlevée lors du mix final. Mais, en majorité, il s’agit plutôt de confronter des boucles musicales (joliment chromatiques, sans pour autant former de véritables mélodies) à des rythmiques (soutenues mais non agressives car paraissant être jouées avec les doigts), dans une forme quasi-pastorale.
Au demeurant, ce lien onirique se fait même littéral quand des sons de branchages écrasés sont samplés par Tom Hill (Zoo), confirmant l’ouverture d’esprit d’une musique à la fois travaillée et immédiate, ciselée et délicate, chantournée et perspicace. Celle-ci s’épanouit même, dans le morceau caudal (Cascade), sur une durée plus étendue (six minutes et trente secondes), invitant un piano et un instrument à vent en plus de son instrumentarium traditionnel, pour des développements riches et entrelacés, dans ce qui pourrait bien sonner comme un joli adieu à ce groupe attachant.
le 28/06/2021