(Morr Music / Bigwax Distribution)
26/03/2021
Electronique

Ouvrir un album par une reprise est toujours un geste un peu singulier, surtout quand le reste du disque se compose d’originaux. Ici, avec sa relecture d’un morceau a cappella de Kate Wolf, datant de 1977, Dntel semble donner plusieurs indications à l’auditeur : utilisation de vocoder sur sa propre voix interprétant la ballade folk, ajout d’une nappe d’arrière-plan et de quelques crépitations, façon craquements de feu de bois. Le ton est donc donné : il s’agira, sur The Seas Trees See d’offrir de courts morceaux d’electronica bricolée, avec apports lo-fi ou rétro-futuristes, éventuellement quelques contributions vocales (un poème de Pierre Louis Nguyen sur The Man on The Mountain, un autre chant au vocoder sur Fall In Love et Hard Weather) et une coloration plutôt pastel dans l’ensemble.
Du parcours de Jimmy Tamborello, nous n’avons suivi qu’épisodiquement les étapes, picorant un disque ici ou là, entre développements trop lounge (Life Is Full Of Possibilities, chroniqué il y a près de 20 ans sur ces pages) et électro-pop bien troussée au sein du duo The Postal Service. Le retrouver, un peu par inadvertance, au hasard d’une sortie sur Morr Music et Les Albums Claus (label associé aux Ateliers Claus, salle de concert du quartier de Saint-Gilles, à Bruxelles), nous permet de goûter à nouveau cette musique électronique, un peu rêveuse (les claviers cotonneux de The Seas et Movie Tears), souvent légère et gracieuse, parfois brinquebalante (les mélodies de Back Home et After All).
Délibérément dépouillées et constituées de matériaux peu nombreux, les compositions de The Seas Trees See font parfois l’impression de rester à l’état de vignettes ou d’esquisses, manquant peut-être d’un peu de chair et de consistance. Par conséquent, lorsqu’arrive Yoga App, ses triturations peuvent être saluées, comme autant de perturbations d’un ordonnancement un rien trop sage par ailleurs.
le 29/06/2021