(Denovali Records / Season of Mist)
26/03/2021
Rock

Plutôt que de livrer le troisième volet de sa trilogie Myth, c’est un exercice piano-violoncelle que The Eye Of Time offre, pour son nouvel album sur Denovali Records. Si cette proposition rompt, donc, avec son fil discographique, elle se situe pourtant dans la continuité de ses travaux précédents : Acoustic, publié en 2014, mettait déjà aux prises ces deux instruments (avec, qui plus est, une composition graphique reprise ici) et le concert donné il y a deux ans au Vent se Lève avait vu le Français opérer avec cette combinaison instrumentale. Précisément, c’est d’ailleurs à partir de concerts donnés à l’été 2018, dans ce même dispositif (piano droit et violoncelle), que Marc Euvrie a composé cet album, enregistré dans la bibliothèque de Cherbourg.
Placé au centre des quatorze morceaux, le piano y est chargé des mélodies, accueillant les doigts du musicien, courant bien souvent sur le clavier pour des lignes un peu démonstratives, que les titres soient assez courts et qu’il faille alors rapidement se singulariser (Not From This World, To Heal A Shape-Shifted Mind), ou lorsqu’ils s’étalent un peu plus dans la durée et que les mêmes mesures répétées font leur petit effet émouvant (On Perd Sa Vie À Chercher Sa Place, De l’Incapacité De Dire Au Revoir Aux Belles Choses, titre qui, au passage, confirme la recherche du bon intitulé par le Français).
À de plus rares moments, le violoncelle peut trouver une place plus conséquente (Itself, Eternal Conflicts, L’Éternité Se Cache Dans Un Jardin Au Fond Du Mois d’Août), histoire de rappeler à l’auditeur qu’il n’écoute pas un disque de piano solo. On peut même basculer sur l’autre versant avec La Résilience Se Trouve À l’Est (qui, effectivement, sonne comme chargé de réminiscences klezmer) et son violoncelle solo dont les lignes se superposent ou bien Today Is The Journey et ses frappes sur la caisse de l’instrument, façon percussion bricolée en habile soutien de . Quand le tempo se fait, par ailleurs, moins soutenu, cela permet alors à The Eye Of Time de chercher davantage de profondeur dans l’écriture (Un Volcan Qui Pousse Les Os, Toucher Le Temps Du Bout Des Doigts). Ces pistes diffèrent ainsi du reste d’un disque parfois trop monocolore et peut-être trop long, mais néanmoins réussi pour qui souhaite écouter une œuvre sincère.
le 02/08/2021