du 19/05/2021 au 12/06/2021
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Réduite à trois grosses semaines, l’exposition de Jennifer Douzenel mérite pourtant qu’on s’y arrête, puisqu’elle permet de faire la découverte d’une vidéaste trentenaire qui présente ici quatre travaux récents, saisis un peu partout sur la planète, au gré de ses voyages et déplacements : Maroc, Norvège, Hong-Kong, Mexique. Une étrange beauté se dégage de ses natures mortes où il faut dépasser le premier regard pour s’apercevoir que les feuilles mortes virevoltantes au loin, dans les conifères, sont, en réalité, des papillons (Monarques) ou bien que les éclats lumineux dans les nuages sont les reflets de la vitre d’un aquarium à travers lequel le film est tourné (Bergen).
Cette recherche du second niveau se retrouve aussi dans Hong-Kong, où la caméra se concentre sur une petite surface d’eau dans laquelle se reflètent les néons de la ville, comme dans Pétales dans laquelle des pétales d’iris se mettent à bouger car positionnées sur une surface d’eau, motif décidément récurrent dans les projets de la Française. Non narratifs, constitués de plans fixes et sans présence humaine, ces derniers se font alors très apaisants, picturaux et tenus en dehors du fracas du monde, invitent ainsi à rester devant eux pour dépasser l’instantané.
Ce travail se trouve, enfin, servi par une scénographie très réussie : grands disques de moquette aux couleurs chaudes (bleu canard, cannelle, gris souris, parme), cimaises incurvées et recouvertes de crépi sur lesquelles sont projetés les films, assises basses et cylindriques dans les mêmes matière et tonalité que les sols respectifs. Favorisant une forme de plongée dans chacune des vidéos, cette disposition se veut aussi ouverte sur l’extérieur, bien à l’image des propositions de Jennifer Douzenel, donc.
le 10/06/2021