(Hallow Ground / Import)
02/04/2021
Rock

Connecté avec Hallow Ground par sa participation à l’album de Maria W Horn publié en 2019, David Granström a suivi sa compatriote sur le label de Lucerne pour son troisième album, bien dans la lignée ambient et profond qu’affectionne la structure suisse. Enregistré à partir d’une résidence tenue dans une mine de fer abandonnée, au milieu de la Suède, Empty Room est donc parti de cette pièce vide pour le remplir avec les sons tirés d’une guitare électrique, étirés et triturés a posteriori.
Le décalage ainsi créé, les formes de résonances induites et les oscillations générées apportent une intéressante vibration aux compositions du musicien (Obsidian ou Occultations). Relayées par des petits apports électroniques (les crépitements, comme de mini-explosions volcaniques, d’Aeon), les interventions de guitares se font joliment enveloppantes, suffisamment riches pour créer une sensation de tournoiement, sans pour autant verser dans le démonstratif ou le trop-plein (bien que ce dernier soit frôlé lorsque la saturation agrémente la guitare d’Occultations).
Sous ce rapport, David Granström sait aussi préserver, au milieu du disque, un titre dans lequel sa six-cordes intervient en notes détachées, dans une sorte de post-rock alangui tout aussi convaincant (Sapphire Visions). Enfin, au bout d’Empty Room, c’est une atmosphère moins chargée qui est mise en place, comme si l’auditeur était invité à reprendre son souffle, au sortir d’une excursion dans la mine abandonnée, aidé en cela par des accords grattés de guitare, comme des mains tendues pour s’extirper de la gangue sonore des autres pistes.
le 04/08/2021