(Gearbox Records / Import)
09/04/2021
Rock

Chihei Hatakeyama est quand même sacrément fort : alors qu’il publie des albums comme d’autres des articles de blog (près de 80 en 15 ans de carrière) et qu’il consacre ses disques tantôt à des souvenirs de voyage, tantôt à des divagations sur une œuvre artistique (le film Printemps Tardif d’Ozu, ici), le Japonais parvient à se faire convaincant à chaque fois qu’on prend le temps de s’arrêter sur l’une de ses productions.
Après quatre albums parus sur Room40 et recensés positivement sur ces pages, c’est sur Gearbox Records qu’on retrouve le musicien, pour une proposition un peu plus épurée puisqu’il n’utilise qu’un seul instrument sur chacun des morceaux de Late Spring : synthé et guitare, alternativement. Adossés parfois à des petits effets très réussis (les pitchs de Spica qui donnent l’impression d’étirer assez joliment les notes), ces deux instruments opèrent avec une grâce certaine. Faisant sonner l’un ou l’autre de manière très onirique, Chihei Hatakeyama leur confère des accents aquatiques ou bien plus étincelants, comme si l’on se trouvait face à des jeux de lumière sur une surface d’eau.
Bercé et bien calé dans les onze morceaux du long-format, l’auditeur peut regretter leur légère brièveté (moins de quatre minutes, en moyenne) alors que, typiquement, une piste comme Sound Of Air II aurait mérité davantage de déploiement pour ses déliés de six-cordes réverbérés.
le 10/08/2021