(Hubro / Outhere Distribution)
21/05/2021
Classique

Adepte des claviers (on se souvient que, pour son premier album solo publié il y a deux ans sur Hubro, il maniait synthétiseur, orgue, piano électrique et mellotron), Ståle Storløkken s’est concentré sur un orgue pour son nouvel effort personnel. Enregistré directement dans l’église de Steinkjer, ville située au milieu de la Norvège, dans les terres, Ghost Caravan joue à la fois sur le souffle émanant des tuyaux de l’orgue et sur les notes jouées par celui-ci. Largement improvisé, l’album se positionne donc entre expérimentations et nouvelle musique sacrée.
Pour ne pas trop verser dans un mysticisme que pourraient convoquer l’utilisation de l’orgue et la résonance qui résulte de son jeu, le Norvégien sait habilement doser la durée de ses morceaux, optant pour des pistes (hormis une qui s’étend sur près de dix minutes) oscillant autour des trois minutes. Permettant de tenir son propos, et de ne pas laisser son improvisation prendre le pas, ce schéma favorise également l’exploration des potentialités qu’offre l’orgue : travail sur des notes aigües, à la limite du larsen (Second Sphere), forme de marche quasi-funèbre (le morceau-titre), petites suite de notes à peine enfoncées (Cloudland IV), proposition voisine de celles utilisées pour les prières intérieures lors des offices (Fourth Sphere).
Sur le long morceau (Third Sphere), Ståle Storløkken appuie fortement ses accords, les laisse sonner pendant longtemps et les superpose afin de mettre en place une atmosphère propre à l’introspection. Assez prenant, bien qu’un peu trop proche de ce qu’on peut attendre d’un tel disque, ce climat ne reflète donc qu’imparfaitement les atouts développés par ailleurs sur cet album.
le 31/08/2021