07/09/2021
Petit Bain,
Paris
Pour reprendre les concerts, en cette rentrée où la plupart des salles (grandes comme petites) offrent une programmation progressivement proche de celle pré-covid19, rien de mieux qu’un début de soirée sur le toit-terrasse de Petit Bain. Pour ce mois de septembre, la péniche propose, chaque mardi, des lives ramassés sous l’intitulé « Assis soit-il » et dont la coloration résonne plutôt avec celle de ces pages. À preuve : pour ouvrir le mois, le duo Haxo se produisait, deux ans et demi après un concert où nous les avions découverts, lors du Sulfure Festival. À l’époque, ce duo contrebasse-électronique nous avait séduits, par l’originalité de son format, d’une part, et par sa musique, entre dark ambient et expérimentation, d’autre part.
Postés sur l’estrade, parés à jouer à 19h30 précises, les Parisiens prirent immédiatement le parti de pousser le volet électronique de leurs compositions, possiblement pour occuper plus efficacement l’espace sonore, face à un public pas forcément venu pour leur concert (soleil et chaleur aidant, la tentation était grande de venir boire un verre sur le toit-terrasse, sans même savoir qu’un live allait s’y donner) et, aussi, pour compenser l’absence de visuels projetés. C’est ainsi qu’Aurélien Bonvoisin put envoyer des rythmiques sur des fréquences élevées, des notes aigues et une forme de noirceur contenue distillée par ses basses métronomiques. À ces coups pouvaient répondre des frappes de l’archet sur les cordes, manière de distinguer plus nettement le travail de la contrebasse.
De même, le dialogue avec l’électronique se faisait pertinent quand Jeanne Gorisse-Maerten jouait en cordes slappées, pour se joindre aux rythmiques programmées. En dehors de ces interventions et de quelques notes tenues, grâce à de longs passages à l’archet, son instrument restait un peu trop en arrière, faisant perdre en singularité à la musique du duo. À mesure que le set avançait, les pulsations se firent plus rapprochées, les rythmiques aigues rejoignant, dans leurs redoublements, les basses. Ainsi renforcé, l’aspect un peu brut de leur proposition pouvait constituer une légère déception par rapport à notre souvenir du duo, mais ne nous empêchera pas de guetter leur prochaine prestation.
le 13/09/2021