Mélissa Irma & Zacharie Lorent
Alice Gozlan
30/09/2021 et 01/10/2021
Théâtre Paris-Villette,
Paris
Présentée dans le cadre du festival SPOT, dédié aux équipes et aux formes nouvelles, Archipel fait partie de ces créations théâtrales en prise avec l’actualité. Ici, c’est le bouleversement climatique qui constitue la toile de fond de l’histoire d’Ulysse et Pauline, frère et sœur, dont le premier est dans le coma tandis que la seconde écrit une thèse sur le Petit Âge Glaciaire. Se déroulant en 2024, l’action est ponctuée de bulletins météo, annonçant une vague de froid sans précédent (il va faire jusqu’à -30° au mois d’août) et faisant advenir la catastrophe que tout le monde redoutait.
Une nouvelle fois, et cela risque de devenir régulier, nous n’avons pu nous empêcher de tisser des liens entre ce contexte et l’actuelle pandémie : même tâtonnement des autorités, même effet de sidération face à l’incompréhensible, mêmes réflexes de solidarité de la population, mêmes interrogations sur les causes de la survenue de la situation, mêmes injonctions à rester chez soi, etc… Le sujet est d’autant plus troublant, et inquiétant, qu’au-delà de ces parallèles constatés, la transformation climatique décrite constitue un possible horizon de notre planète. Avec cet arrière-plan, le récit de ce qui survient aux personnages éprouve quelques difficultés à prendre, certains arcs narratifs s’avérant plutôt anecdotiques en comparaison de la conjoncture qui traverse la pièce (tous les passages avec Théo, jeune homme croisé par Pauline à l’hôpital où est son frère, par exemple).
Trop dilué, le propos général s’avère alors manquer de rythme, malgré les intermèdes musicaux et autres adjuvants déjà bien vus sur les plateaux de théâtre (projection, sur une toile tendue, de l’écran du Mac de Pauline, textos qui défilent sur cette même toile, extrait d’un épisode de Buffy Contre Les Vampires, fumée, stroboscopes, etc…). Si les quatre comédiens ne sont pas en cause, c’est bien le texte (écrit par deux d’entre eux : Mélissa Irma et Zacharie Lorent) et cette volonté de s’inspirer, lointainement, d’ouvrages classiques (L’Odyssée, au premier chef) qui souffrent de ne pas être suffisamment tenus, manquant peut-être d’un regard extérieur.
le 13/10/2021