(Schole / Import)
29/10/2021
Classique

Alors qu’on pensait qu’avec le disque de b-sides, publié moins d’un an après la parution de l’album original, Tim Linghaus avait fait le tour de ses Memory Sketches, voici que l’Allemand offre un second volet de ces esquisses au piano, essai autour de ses souvenirs, traduits en musique par des pièces souvent courtes. Comme sur le précédent long-format, on retrouve ici le velouté du toucher et une capacité certaine à tracer des lignes mélodiques assez gracieuses.
Certes celles-ci n’échappent-elles pas toujours à une certaine joliesse, ou au sentiment d’entendre à plusieurs reprises les mêmes mélodies sur des titres différents, mais c’est possiblement la loi du genre. Il faut alors les prendre pour ce qu’elles sont, soit l’équivalent du flux de conscience en littérature, une sorte de déroulé à la limite de l’automatisme, mais qui provient directement de l’inconscient de leur auteur. Les visuels de pochette invitent, d’ailleurs, à suivre cette lecture, crayonnés un peu nébuleux, entre retranscription de rêves et dessins à la limite du fantasmagorique.
Comme sur We Were Young When You Left Home, album qui appartient à sa veine chantée et plus électro, Tim Linghaus convie Tobias Leon Haecker au saxophone mais, registre oblige, celui-ci intervient dans une économie de moyens, en soutien d’un titre qui laisse une large place à des triturations lointaines, dans un minimalisme assumé (Vergissmeinnicht). Et puis, comme pour laisser imaginer qu’il retournera vers ses synthétiseurs sans tarder, Repetitive School Daydream Sequence, Pt. V (Soaring To The Ceiling Of The Assembly Hall, Teary Eyes) clôt l’album avec des volutes de synthé, dans une approche plus aérienne, mais tout aussi voluptueuse.
le 20/01/2022