Chère Chambre

 auteur

Pauline Haudepin

 metteur en scène

Pauline Haudepin

 date

du 17/01/2022 au 29/01/2022

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Pauline Haudepin / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Débuté comme une chronique post-adolescente (une jeune femme se confie à son dictaphone, en débutant ses phrases par le titre de la pièce), Chère Chambre évolue rapidement vers un conte contemporain. Chimène se trouve, en effet, frappée d’une maladie mortelle pour avoir donné son corps à un SDF inconnu ; autour d’elle, sa compagne et ses parents cherchent à comprendre ce geste et se trouvent confrontés au mutisme de l’héroïne comme à leurs propres questionnements.

Assumant la dimension fablesque de son spectacle, Pauline Haudepin livre pourtant une proposition qui se fait à la fois trop chargée et trop étirée, marquée par de nombreuses intentions présentes sur le plateau, pendant près de deux heures. La plus différenciante, visible et symptomatique est constituée par ce danseur de buto, incarnation qui intervient à partir de la fin du premier acte, et vient interagir en silence avec tous les personnages, servir de représentation de leurs peurs et cauchemars, ou bien de révélateur de leurs parts sombres. Revenant trop souvent, et de manière trop insistante, ce personnage extravagant, aux tenues changeantes permet d’introduire un décalage supplémentaire dans le récit qui, déjà, sortait d’une certaine linéarité.

L’écriture de Pauline Haudepin et sa mise en scène, appuient, par ailleurs, volontiers sur leurs composantes symbolistes, à l’image du décor en liberty des parents qui veulent geler leur fille dans l’enfance, des prénoms sursignifiants (Rose pour la mère, amatrice de papiers peints floraux, Chimène pour la fille, ce qui conduit souvent à des jeux de mots autour de la proximité avec « chimère », Domino pour son amoureuse, Theraphosa Blondi pour le danseur de buto, du nom de la plus grosse mygale existante) ou de la robe « couleur du temps » revêtue à la fin par Chimène, en hommage au Peau d’âne de Jacques Demy, autre recréation d’un conte. Ajoutons-y des peintures fantasmagoriques et des tenues un peu archétypales (blouson de cuir et vêtements sombres pour Domino, sweat à capuche coloré pour Chimène, chemise sans âge pour son père…) pour finir de composer un ensemble certainement sincère mais qui ne nous a pas touchés.

Un peu opportunément rangé par le Théâtre de la Cité Internationale au sein d’un parcours intitulé « Femmes Puissance Quatre ». Chère Chambre est certes écrit et mis en scène par une jeune femme, et met aux prises une héroïne amoureuse d’une fille, mais on perçoit difficilement en quoi ce spectacle « défi[e] la toute-puissance masculine ». Même en laissant de côté cette labellisation, l’aspect fablesque du tout ne nous a paru être suffisamment transcendé pour se montrer véritablement probant.

François Bousquet
le 25/01/2022

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