(12k / Import)
19/11/2021
Electronique

Depuis qu’il est réapparu sur la scène musicale, il y a huit ans, Arovane a fait le choix d’opérer dans un large spectre, bien au-delà de l’electronica tendance IDM qu’il affectionnait au tournant du siècle, quand il faisait les belles heures de City Centre Offices. Des travaux sur n5MD, des collaborations avec Porya Hatami ou Darren McClure, témoignent, ainsi, de cette palette plus ample qu’auparavant. Nouvelle étape de ce parcours avec son arrivée sur 12k pour y livrer un album pleinement inscrit dans la ligne éditoriale du label de Taylor Deupree : ambient minimaliste, petites notes aux consonances lumineuses, boucles fragmentées et expérimentations contenues.
Quelques craquèlements, des vagues de saturation douce ou des oscillations joliment berçantes complètent les matériaux utilisés par Uwe Zahn, sur un album dépourvu de rythmiques et agissant dans un minimalisme soyeux et travaillé, que les titres soient brefs (les deux minutes de Longt, par exemple) ou nettement plus longs (le morceau-titre et ses sept minutes). Les compositions de l’Allemand peuvent également se tendre par endroits, gagnant de l’épaisseur en même temps qu’une forme de noirceur et de dureté du propos (Sunter et ses notes plus appuyées).
Hormis ce passage, c’est donc plutôt à un format ascétique que l’auditeur fait face, mais un format vraiment touchant, voire émouvant. À ce titre, le léger tremblement des nappes, le caractère ondoyant des textures et l’aspect un peu chamarré des apports mélodiques permettent de faire naître un certain émoi, sensation pas nécessairement reliée aux travaux d’Arovane jusqu’alors. L’avenir nous dira s’il poursuit dans cette veine, ou bien s’il retourne à ses anciennes amours, mais, dans cette hypothèse, le pas de côté aura été convaincant.
le 03/02/2022