(Room40 / Import)
19/11/2021
Electronique

Plus de vingt ans de carrière, une quinzaine d’albums à son actif ainsi que plusieurs concerts en Europe, mais ce n’est que la première fois qu’Olivia Block est recensée pour un travail solo. Après un début de parcours très relié au label Sedimental, c’est assez logiquement que la Chicagoanne se retrouve, à présent, sur Room40, structure tout à fait pertinente pour accueillir son ambient expérimentale et minimale. Si les composantes utilisées sont assez réduites (orgue électronique, Mellotron, field recordings et seulement sept notes différentes nous indique-t-on), la musicienne parvient toutefois à se faire suffisamment riche dans le caractère évocateur de ses morceaux, allant chercher des sons formant de souffles, des ululements ou encore des vrombissements.
Plutôt inquiétantes, ses compositions savent aussi incorporer quelques éléments rythmiques, à l’image de cette sorte de cymbale digitalisée sur En Echelon, ou bien des consonances plus métalliques et, partant, lumineuses, comme celles qui agitent Rivers In Reverse. Pièce de conclusion de l’album, ce titre s’étire sur dix minutes et sait, ainsi, aller chercher des accointances psyché, qu’on ne sera pas surpris de retrouver ici lorsqu’on apprend que l’États-Unienne a composé une large partie de l’album sous l’emprise de champignons hallucinogènes, consommé pendant le confinement.
À l’écoute d’Innocent Passage In The Territorial Sea, l’auditeur peut aisément se projeter dans un concert d’Olivia Block, avec spatialisation du son afférente, et dimension enveloppante prononcée ; bref, une proposition typiquement idoine pour une prochaine édition de Présences Électronique. Dans cette attente, on pourra se replonger dans cette grosse demi-heure et ses différents replis.
le 09/02/2022