du 15/01/2022 au 20/03/2022
Crédac,
Ivry-sur-Seine
Poursuivant son travail sur le passé ouvrier, comme son compagnonnage avec le Crédac (il avait participé, en 2012, à la très bonne exposition collective L’Homme de Vitruve, et se trouvait sélectionné par Claire Le Restif, Directrice du lieu ivryen, pour le Prix Fondation d’Entreprise Ricard en 2019), Simon Boudvin se concentre, cette fois-ci, sur une Twingo bleu ciel. Récupérée alors que la Mairie allait s’en séparer, la voiture, emblématique de la deuxième partie des années 90, se trouve désossée et répartie entre les trois pièces du centre d’art.
Toutes les parties immédiatement indentifiables se trouvent, ainsi, positionnées dans la plus grand espace (carcasse, portières, phares, rétroviseurs, pneus, capot, pare-chocs, porte de coffre), pendant que le deuxième regroupe les éléments moulés, souvent en plastique (sièges, tableau de bord, plage arrière, levier de vitesse) et le troisième les contenus électriques, les câbles, le réservoir et les pots d’échappement. Disposées sur des étagères, entre mise en majesté et attente d’être associées, ces pièces constitutives de la Twingo peuvent aussi trouver une place plus muséale : moteur posé au sol comme une sculpture ou installation, pare-brise accroché au mur telle une peinture…
Invitant le visiteur à considérer sous un autre angle des composantes qu’il pensait connaître, l’exposition dialogue également, comme souvent au Crédac, avec son environnement immédiat. Située dans une ancienne Manufacture d’œillets, la proposition de Simon Boudvin se veut, évidemment, une réflexion sur la création en série, préoccupation relayée par d’autres œuvres : photographies stylisée de verres Duralex, posters documentant des poignées de portes et de fenêtres saisies dans des immeubles d’Ivry-sur-Seine, reproductions de silhouettes d’encadrement de fenêtres vues dans les rues d’Hanoï et semblables à des schémas d’assemblage. De même, les grandes baies vitrées du lieu permettent de comparer le bleu ciel de la peinture industrielle avec l’azur extérieur, tandis que les murs peints en gris renforcent l’impression d’être dans une usine automobile. Enfin, en s’attachant aux verres Duralex et à la Twingo, le Français se fait également mémorialiste d’un temps pas si lointain, dans une tendre nostalgie qui, très personnellement, nous touche (la voiture familiale était, chez nous aussi, dans ces années-là, le modèle citadin de chez Renault).
le 01/03/2022