du 27/01/2022 au 19/03/2022
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Pour son exposition hivernale, la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers accueille une plasticienne qu’on avait simplement croisée dans une exposition collective, en 2019, à la Fondation d’Entreprise Ricard. Anne Bourse y effectuait, alors, des dessins sur coussins, geste dont on retrouve, ici, un prolongement puisque des matelas sont convoqués, rehaussés de fils d’or ou de morceaux de soie.
Posés au sol ou accrochés au mur, ces matelas tendent à nous emmener dans un univers intimiste, impression renforcée par la lumière tamisée des éclairages de la salle principale. Dans cet espace, une petite maquette, qui pourrait être une reproduction de la chambre de l’artiste, trône au milieu, baignée de tons lilas, violines, marines ou pastels. L’ensemble figure alors un univers un peu adolescent, évanescent ou féminin, dans un travail parfois proche du scrapbooking, avec ses cœurs dessinés sur les abat-jours ou ses fleurs de mimosa disposées au sol de la maquette.
Mais cet univers laisse aussi affleurer quelques tourments, telle cette poupée de chiffon avachie dans la petite maquette, ce plexiglas maculé qui occupe tout un pan de la grande salle, ou bien ces matelas rapiécés qui peuvent aussi renvoyer à la condition des SDF qui n’ont que cela pour dormir. Avec ces résurgences, on imagine alors une forme de perspective cathartique ou d’introspection un peu compliquée, dont témoignerait ce Gens qui s’éloignent.
le 08/03/2022