(Hubro / Outhere Distribution)
28/01/2022
Jazz

Un visuel assez minimaliste, un seul nom sur la pochette, aucun invité : le nouvel album de Christian Wallumrød s’avançait comme un disque de piano solo plutôt traditionnel, en marge de ses collaborations avec d’autres pianistes ou avec son propre Ensemble de jazz. Mais, dès le morceau d’ouverture, le Norvégien opte pour une approche assez libre, entre improvisations, hésitations et travail primesautier sur son clavier, à base de petites mesures légères. Étiré sur huit minutes, Self Volk laisse ensuite place à une proposition plus resserrée, mais concentrée sur une boîte à rythmes aux coups sourds, qui supporte des interventions d’autoharpe, marquées par un caractère très percussif (le bien-nommé Speakless).
En deux morceaux, la tonalité de Speaksome est ainsi donnée : on évoluera dans un registre minimal, un peu expérimental, faisant la part belle aux possibilités qu’offrent les instruments employés, aussi bien mélodiques que percussives. Croisant ces deux aspects, le musicien sait faire d’une cadence jouée à la main gauche une forme de basse répétitive, tandis que sa main droite s’évertue à livrer un petit solo plus chromatique et typique du piano jazz (Gitar).
Afin d’éviter l’écueil de la joliesse décorative, peuvent être convoquées par Christian Wallumrød quelques dissonances (Nölen Und Laden), les notes les plus aigües de son piano (Treeline) ou une réverbération assez poussée (Zitternpappel). La palette, ainsi élargie, demeure néanmoins marquée par la volonté de conserver des temps de respiration entre chaque note ou suite de notes, propres à s’imprégner du toucher du Norvégien, toujours aussi singulier.
le 30/03/2022