(Kranky / Modulor)
18/02/2022
Rock

Après un album chanté (A Son), paru fin 2019, Pan•American évolue à nouveau, faisant le choix, pour son nouveau long-format, toujours publié sur Kranky, d’un post-rock alangui, mettant en avant sa guitare électrique aux notes déliées et affublée d’une lap-steel. Uniquement instrumentale, la quarantaine de minutes de The Patience Fader alterne pistes courtes et morceaux plus longs.
Les premières souffrent possiblement de leur trop grande brièveté puisqu’à plusieurs reprises, le titre s’interrompt, en fade out, sans que rien ne justifie cette fin un peu soudaine (Swimming In A Western Hotel, Harmony Conversion, Nightwater). Heureusement, certains morceaux courts bénéficient de l’apport d’un harmonica, interprété par Mark Nelson lui-même, dont le jeu trouve des accents à la fois lumineux et métalliques, probants échos à la six-cordes (Corniel, Wooster, Ohio), mais sait aussi susciter une tendre mélancolie (Grounded).
De l’autre côté, les propositions étendues savent marier deux lignes de guitares : l’une agissant plutôt comme une basse, avec accords délicatement grattés, et la seconde distillant des mélodies détachées et nonchalantes (Outskirts, Dreamlit, The North Line). Renvoyant à l’évidence à une forme introspective (d’autant plus que cet album a été composé à l’été 2020, entre confinement et isolement), ces titres manifestent une évolution intéressante du parcours de Pan•American qui n’oublie cependant pas d’incorporer des petits éléments électroniques dans son écriture (Almost Grown), comme pour se souvenir de sa discographie passée et pas si lointaine.
le 13/04/2022