(Miasmah / Import)
25/02/20222
Rock

Situé au carrefour des trois derniers albums solo de Svarte Greiner, Devolving Trust reproduit la même structure que Black Tie et Moss Garden (respectivement publiés en 2013 et 2016) avec ses deux longs morceaux (un par face de vinyle) pour une quarantaine de minutes de musique, et le même procédé d’interprétation qu’Apart, sorti en 2017, avec un violoncelle solo comme unique instrument. Retranscription d’un concert donné en 2018 dans des caves d’une ancienne brasserie berlinoise (en photo au verso de la pochette), ce long-format permet au Norvégien de dérouler son propos, parfaitement accordé avec ce qu’on imagine de l’atmosphère de ce lieu.
C’est par des coups d’archets plutôt amples et affublés d’effets que le musicien évolue sur le premier titre, agrémentant volontiers ses cordes de réverbération et superposant ses interventions, pour un résultat à la fois un peu grinçant par endroits et légèrement inquiétant. S’y ajoutent quelques tapotements électroniques, pointus et acérés, venant piquer les notes tenues de violoncelle, ou bien des sons plus perçants, sortes de sifflements retravaillés.
Si l’écoute sur disque s’avère possiblement moins captivante que celle en direct (Erik K. Skodvin est d’ailleurs bien conscient de cette limite), cela permet de retracer ce moment, d’autant plus que le second morceau de l’album sonne aussi comme un témoignage de ce concert, puisqu’il s’agit d’en récupérer des fragments pour les triturer et les recombiner. Plus ascétique, moins riche et moins homogène que son prédécesseur, Devolve fait un peu l’effet d’un remix joué immédiatement après la prestation principale, comme si on écoutait quelque chose de très voisin, mais avec un léger décalage.
le 29/04/2022