(TAL / Import)
25/02/2022
Jazz

Ambient / Expérimental / Mapstation / TAL
Personnalité assez riche de la scène musicale allemande (Mapstation, To Rococo Rot, Kreidler, etc…), Stefan Schneider se lance dans un nouveau projet, en collaboration avec une clarinettiste, Susanna Gartmayer. La palette de cet instrument se révèle être, sur la grosse demi-heure que dure l’album, suffisamment large pour passer de morceaux profonds, proches d’un jazz ambient (Opening Parade, We Are Here), à des propositions nettement plus expérimentales, dans lesquelles le souffle atonal est posé comme fil conducteur (Piraeus) ou en regard de grésillements et mini-larsens (le début de Gentle Healing).
Très bien équilibrés, les apports respectifs des deux musiciens de So Sner trouvent progressivement leurs marques, pour aboutir à de belles pièces, comme ce Resistance, positionné au milieu de l’album, avec ses rythmiques cotonneuses et boisées qui croisent habilement avec des lignes tantôt mélodiques, tantôt plus étranges de la clarinette. Tapotant ses doigts sur ses clés, Susanna Gartmayer peut également offrir, elle-même, ses propres contributions sèches et rythmées, mettant alors son comparse un peu hors-jeu (Offspring). À fronts renversés, on a, parfois, l’impression que ce sont les composantes électroniques de l’Allemand qui singent les sonorités produites par la Viennoise (dans la seconde partie du long et conclusif Gentle Healing).
À d’autres moments, l’orchestration semble plus ouvragée, voisine d’une forme de trip-hop par ses pulsations et son atmosphère très urbaine, avec des interventions plus syncopées de la clarinette (Worrying). Enregistré sur une période de six années, Reime bénéficie assurément de ce temps long, qui a permis aux deux musiciens de trouver cet équilibre mentionné précédemment, équilibre dont on serait fort intéressé par une traduction scénique.
le 06/05/2022