(Hubro / Outhere Distribution)
11/03/2022
Rock

Avec une carrière déjà riche (plusieurs disques solo et d’autres partagés, sur des labels comme ECM ou Grappa), Benedicte Maurseth est bien installée dans la scène jazz-expérimentale norvégienne. Avec son violon Hardanger, elle se positionne dans un registre un peu plus folk, vernaculaire et improvisé, tout à fait adapté pour Hubro, label qu’elle rejoint pour son nouvel album, réalisé aux côtés de compatriotes chargés d’apporter d’intéressants contrepoints à son instrument.
C’est ainsi que le vibraphone d’Håkon Stene amène une forme de rythmique (Hreinn) ou bien un aspect plus velouté (Augnast), tandis que la contrebasse de Mats Eilertsen structure l’espace sonore et arrondit l’ambiance générale. Par ailleurs, tous les instruments, avec l’électronique de Jørgen Træen ou le saxophone assez free de Rolf-Erik Nystrøm, se retrouvent sur des pièces plus orchestrées, à l’image du morceau-titre ou d’Heilo.
Ne cherchant pas à prendre toute la place, Benedicte Maurseth peut laisser ses deux comparses en première ligne, à l’image de Reinsdyrbjøller (dans lequel les percussions métalliques de Stene sont presque les seules présentes). La Norvégienne tient, également, à relier son travail à une histoire plus ancienne, avec la diffusion d’une discussion entre son arrière-arrière-grand-père et son arrière-grand-père, deux chasseurs de rennes du nord de la Suède (Kollasj I et Kollasj II). Avec cette belle générosité, la musicienne livre un disque sincère et touchant.
le 11/05/2022