(Hubro / Outhere Distribution)
18/03/2022
Jazz

Anja Lauvdal / Contemporain / Hubro / Moskus
Toujours à la recherche de nouveaux claviers et instruments, afin de sortir du traditionnel piano à queue, Anja Lauvdal s’essaye, sur ce nouvel album de Moskus, au clavecin, manière de renforcer l’aspect un peu baroque ou expérimental de la musique du trio, loin des formations basiques du jazz à trois. D’ailleurs, difficile de continuer de classer le groupe norvégien dans ce genre musical, puisqu’on serait davantage proche de l’expérimentation, de l’improvisation, voire d’une forme contemporaine de la musique de chambre.
Au-delà de cette coloration stylistique, l’usage du clavecin permet de mettre en place des dialogues intéressants, car très harmonieux, avec un Glockenspiel, une mandoline ou une guimbarde : même aspect un peu métallique des sonorités, même délicatesse dans le jeu. Ceci posé, le clavecin se marie aussi très bien au violoncelle joué en pizzicati (Hortus Delicarum) Par contraste, dès que la jeune femme retourne au piano, il sonne comme terriblement classique, heureusement contrebalancée par ses deux compères dont le jeu de cordes (Fredrik Luhr Dietrichson) ou de percussions (Hans Hulbækmo) conserve cette part très libre et différente.
Par endroits, on relève toutefois une forme de profusion de recherche lorsque, par exemple, les Norvégiens enchaînent, dans le même morceau, le recours à plusieurs instruments (Hjorten I Skogen) ou bien quand ils se laissent un peu trop divaguer (Hildegard). Dans un tel contexte, on préfèrera certainement les successions stylistiques, d’un titre à l’autre, à l’image de l’arrivée de Lokk Til Eurydike à la batterie plus marquée, qui fait suite à des morceaux moins rythmés. Avec ses quarante minutes tout juste et neuf morceaux, Papirfuglen apparaît alors comme possiblement trop court, empêchant de profiter pleinement de tout l’instrumentarium convoqué par Moskus, formation qu’on aura toutefois plaisir à retrouver sur scène si l’occasion se présente.
le 18/05/2022