(Hallow Ground / Import)
25/03/2022
Electronique

Ambient / Amosphère / Expérimental / FUJI|||||||||||TA / Hallow Ground / Laurin Huber / Lawrence English / Magda Drozd / Maria W Horn / Martina Lussi / Miki Yui / Norman Westberg / Siavash Amini / Valentina Magaletti
Lawrence English
Hallow Ground
Martina Lussi
Siavash Amini
Maria W Horn
Laurin Huber
Miki Yui
FUJI|||||||||||TA
Magda Drozd
Label actif depuis 2013, Hallow Ground voit ses sorties recensées sur ces pages depuis 2016 et se trouve devenu, au gré de ses publications, l’une des structures dont on guette le plus les disques. Rarement décevante, la maison suisse a su, avec le temps, développer une coloration et une esthétique, qu’on pourrait rapprocher de celle de Miasmah, par exemple, avec un regard très ouvert, défendant aussi bien sa scène domestique que des artistes internationaux, et faisant une véritable place aux artistes féminines. Afin d’offrir un panorama de ses goûts, le label de Remo Seeland fait paraître une compilation, sur un double vinyle classieux (autre marque de fabrique de l’entreprise de Lucerne), entièrement blanc. Comme de juste, on y retrouve musiciens ayant déjà sorti des disques sur Hallow Ground et têtes nouvelles, dont l’univers s’y raccroche aisément (Amosphère ou Valentina Magaletti)
À tout seigneur, tout honneur, c’est le gérant qui ouvre lui-même les débats avec une piste interprétée en compagnie du Laya Ensemble, pour un drone fait d’électronique et de cordes mêlées, dans une montée en puissance prenante. À l’autre bout de ce double-vinyle, c’est Martina Lussi (possiblement l’artiste du label qu’on suit le plus), qui propose une autre montée en puissance, mais davantage contenue, et convoquant ses habituels matériaux tremblotants, granuleux et ses mini-explosions. Même volonté de superposition, mais dans une approche plus linéaire, chez Maria W Horn, avec son association entre flûte Paetzold et bruits de verre frotté, chez FUJI||||||||||TA avec l’empilement des notes de son orgue auto-fabriqué et d’un shō (cet orgue à bouche dont on l’avait vu jouer à Nantes), et chez Siavash Amini.
Plus minimalistes, Anna Frei (découverte complète de cette compilation) combine frappes sur des bols et apports synthétiques inquiétants, tandis que Laurin Huber sollicite des bruits d’eau et manipulations diverses et qu’Amosphère (facilement connectée à Hallow Ground, ne serait-ce que par l’intermédiaire de FUJI||||||||||TA, avec lequel elle a tourné l’an passé) tourne autour d’un son aigu, agrémenté de quelques glitchs tout aussi acérés dans le dernier quart de son morceau. Cet aspect très aigu, presque malaisant, se trouve poussé plus loin par Lawrence English qui, heureusement, sait compenser cette note tenue par une intervention d’orgue, qui vient supplanter le quasi-larsen au mitan de son titre. Autre mise en regard d’éléments aiguisés avec des composantes plus chromatiques chez Magda Drozd, musicienne de Zürich qu’on découvre aussi ici, pour un résultat très convaincant, et chez Miki Yui, dans une continuité avec son album de l’automne 2020.
Poussant le minimalisme à l’extrême, le Britannique Akira Sileas se fait à peine audible quand Reinier Van Houdt agit également dans la minceur, mais avec un peu plus de réussite. Auteur d’un disque sur Hallow Ground sous le nom de S S S S, le Lucernois Samuel Savenberg opère ici sous son propre nom, pour une ambient chaleureuse, parcourue de quelques bribes vocales retravaillées et de notes perlées de guitare. La six-cordes se trouve, plus loin, en majesté chez Norman Westberg alors que c’est la batterie de Valentina Magaletti qui est caressée sur un The Narrower Frame tout en toucher subtil.
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le 19/05/2022