(Wayside and Woodland Recordings / Import)
01/04/2022
Rock

Constamment actifs entre deux sorties de leur formidable groupe, les membres d’Epic45 multiplient les pas de côté. En conséquence, tous ne peuvent pas forcément être recensés sur ces pages mais, attelons-nous quand même à ce nouveau projet, œuvre de Ben Holton, intervenant déjà sous son nom propre ou en tant que My Autumn Empire. Alors que ce volet-ci de sa discographie le voit aller vers le folk ou la country, Birds In The Brickwork opère plutôt dans un registre voisin de celui des débuts d’Epic45 : post-rock assez entraînant, porté par une guitare électrique aux entrelacs accrocheurs, un tempo relativement élevé et une batterie présente sur quelques-uns des morceaux (jouée par le fidèle James Yates).
Toujours adepte d’une atmosphère à la fois pastorale et évocatrice des compositions qu’il peut déployer, en solo ou au sein d’Epic45, le Britannique a commencé à écrire après trois semaines d’immobilisation, résultant d’un mal de dos, pendant lesquelles il a aperçu des passereaux en train de nicher dans un mur de son appartement. Au sortir de cette période, en train de se reconstruire physiquement, il développa son travail de photographe en s’attachant, dans un périmètre proche de chez lui (ne pouvant se déplacer trop loin), à des endroits délaissés (terrains vagues, chemins de campagne barrés, terrain de sport à l’abandon…), qu’on pourrait aussi imaginer être, un jour, « reconstruits », afin d’en faire un livre de 32 pages offert avec l’album.
Bande-son de ces déambulations, la petite quarantaine de minutes de Recovery progresse en partant de titres avec une simple ligne de guitare, à des morceaux dans lesquels deux pistes sont superposées, dans un aspect quasi-vertigineux (Small Glimmers) ou alors dans un échange entre une guitare grattée au son électro-acoustique et une autre déliée (Old Blossom). Plus encore, Ben Holton et James Yates peuvent proposer un dialogue savoureux entre une six-cordes à la lisière du math-rock et une batterie parfaitement dosée (Inside qui, dès l’ouverture, donne le ton du disque ou bien People Talking). Le voyage se termine, assez classiquement, avec un morceau un peu plus vaporeux (Sullen Lanes), comme s’il s’agissait de finir cette reconstruction avec une offre caressante.
le 08/06/2022