20/05/2022
Jeu de Paume,
Paris
Dans la continuité de son concert de janvier dernier aux Instants Chavirés, Sébastien Roux poursuit son travail de recherche sonore. Cette fois-ci, c’est autour de la disparition du son qu’il s’est concentré, pour une prestation donnée dans la première salle d’exposition du rez-de-chaussée du Jeu de Paume, et majoritairement interprétées par un trio alto-violoncelle-voix. Placé un peu en retrait de ces trois intervenants, Sébastien Roux présenta le programme, avant de s’attacher à lancer quelques composants électroniques, en complément des participations du trio.
Huit courtes pièces constituaient ce concert de début de soirée, réalisé devant un public plutôt nombreux et averti. Pour chaque pièce, il s’agissait, donc, d’illustrer les méthodes de disparition du son : fondu en sortie, recouvrement d’un son par un autre, enfouissement sous un amas sonore, arrêt net, fusion de deux sons pour ne plus en faire qu’un, etc… Après deux premières pistes sans électronique, celle-ci arriva pour Dans le Nuage de Bruit, morceau dans lequel un souffle composite, se chargeant progressivement de granulosité, prit toute son ampleur, a fortiori servi par la taille de la vaste salle aux murs blancs du musée, jusqu’à recouvrir les notes répétées de l’alto de Cyprien Busolini. Habitués, avec la violoncelliste Deborah Walker, de la musique contemporaine ou expérimentale (Stephen O’Malley, Bertrand Denzler, Jean-Luc Guionnet ou Quentin Sirjacq les ont, par exemple, sollicités), les deux joueurs de cordes purent, plus tard, offrir une pièce flirtant avec la disharmonie, leurs deux notes jouées simultanément frottant légèrement l’une contre l’autre, avant de se retrouver.
Également assis à leurs côtés, Yannick Guédon livrait des vocalises, reprenant une note de corde une fois l’instrument tu, ou bien s’ajustant sur celles tenues par l’alto et le violoncelle pour ne former qu’un seul tout. Plus encore, dans 35 Combinaisons (pour Fred B.), les trois intervenants présentèrent quelque chose de doux et profond, variant à tour de rôle de notes pour ces 35 petits assemblages. Au total, l’ensemble pouvait sembler un peu trop aride et manquant un peu de densité, celle-ci étant principalement apportée quand l’électronique entrait en scène. Cet aspect très minimaliste se manifestait, d’ailleurs, par le fait que les partitions des huit pièces tenaient sur simplement deux feuilles, manière d’établir la minceur d’une proposition qui trouvait, néanmoins, assurément sa place dans ce lieu.
le 24/05/2022