Kliniken

 auteur

Lars Norén

 metteur en scène

Julie Duclos

 date

du 10/05/2022 au 26/05/2022

 salle

Théâtre de l’Odéon,
Paris

 appréciation
 tags

Lars Norén / Théâtre de l’Odéon

 liens

Théâtre de l’Odéon

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Suivi sur ces pages il y a une quinzaine d’années, lorsque ses pièces étaient très régulièrement montées, Lars Norén nous semble moins présent qu’alors sur les plateaux français. Cette forme de repli permet à la fois de se pencher sur des pièces plus anciennes (celle-ci date de 1993) et qui avaient déjà été représentées précédemment. Pour cette nouvelle création de Kliniken, Julie Duclos fait le choix d’une adaptation, qui permet d’actualiser la pièce (quelques références ont été rendues plus contemporaines) et d’en franciser certains aspects (Les Feuilles Mortes se trouve chanté par l’un des comédiens, les personnes publiques mentionnées et les lieux évoqués sont français). Pour le reste, il s’agit bien du texte original, cette plongée dans une unité psychiatrique, autour d’une douzaine de personnages, intervenant par suites de monologues courts ou de dialogues, sans forcément de lien de l’un à l’autre.

Bien loin des pièces du Suédois vues jusqu’alors (ces drames familiaux dans un lieu unique et clos), Kliniken résulte d’un travail quasi-documentaire, Lars Norén ayant, lui-même, été interné quand il avait vingt ans. Sur le plateau, anorexiques, schizophrènes, boulimiques, mutiques, dépressifs et malade du SIDA se côtoient ainsi, dévoilant progressivement leurs conditions et, plus vaguement, les raisons de leur présence en ces lieux. Passant du fumoir au jardin, revenant dans le salon de lecture, la salle de télévision ou le salon principal (tous ces espaces étant simplement délimités par un poteau ou une vitre), ces malades sont accompagnés par un aide-soignant qui semble aussi atteint qu’eux, intervenant à tort et à travers, peu structuré et pas vraiment identifié dans le texte et sa mise en scène.

Au-delà de ce personnage, l’horizon du spectacle, sans fil narratif, paraît évidemment être d’illustrer que les interactions montrées sur le plateau ne s’avèrent pas tellement différentes des échanges que des gens non internés peuvent avoir entre eux et que, globalement, nous sommes tous un peu « fous » (terme d’ailleurs récusé dans la pièce, à l’occasion d’un dialogue drolatique : « Tu es folle / On ne dit pas cela à quelqu’un qui est dans un hôpital psychiatrique »). Pour représenter cet univers clinique, Julie Duclos sollicite les lumières très soignées de Dominique Bruguière, qui, avec une simple variation, figurent le temps et les saisons qui passent. De même, l’adjonction de vidéos, réalisées en direct par un cadreur quasi-invisible, permet de faire apparaître en gros plan, et sous des angles différents, les interprètes présents sur le plateau ou hors-scène. Projetées sur deux emplacements, ces vidéos paraissent ausculter encore plus profondément des personnages qui, par ailleurs, bénéficient d’un gros travail sur la tonalité des voix des comédiens, à même d’apporter des colorations très différentes, et de donner du rythme et de la diversité à un spectacle qui échappe au risque de l’aridité.

Autres dates :
  du 12/04/2023 au 16/04/2023 : Gémeaux - Sceaux
  du 11/05/2023 au 13/05/2023 : Comédie - Reims

François Bousquet
le 23/05/2022

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