(Kranky / Modulor)
15/04/2022
Electronique

Dub / Earthen Sea / Electronica / Kranky
Fidèle à Kranky et son electronica parsemée de dub, Earthen Sea nous offre un troisième album sur le label de Chicago, long-format composé et enregistré pendant les premiers confinements de 2020. Alors qu’on aurait pu craindre quelque chose d’assez minimaliste et/ou renfermé sur soi-même, eu égard à ces conditions de réalisation, l’États-Unien livre, au contraire, une nouvelle belle étape de son parcours, cohérente avec le reste de sa discographie.
Chaque morceau se trouve parcouru de ces pulsations un peu sourdes, caractéristiques de ce croisement entre dub et ambient, agrémentées de quelques souffles et vents électroniques, le tout posé sur des nappes chromatiques gentiment ondoyantes. L’aspect percussif légèrement réverbéré se fait plus marqué par endroits (Oblique Ruins), tandis que les boucles mélodiques de Jacob Long peuvent, plus loin, prendre le dessus (Rough Air, Ochre Sky), poursuivant, dans les deux cas, le même souci de travailler sur la répétition et la sérialité.
Comme souvent avec ce genre d’albums, le propos gagne en épaisseur au fur et à mesure du déroulé de l’album, la quarantaine de minutes nous conduisant ainsi au caudal Deep Sky, possiblement le titre le plus intéressant (ramassant, sur à peine trois minutes trente, toutes les qualités du New-Yorkais) et le plus riche d’un disque vraiment chaleureux et réconfortant, typiquement le long-format qu’on aurait pris plaisir à écouter lorsque nous étions reclus chez nous.
le 20/06/2022