(n5MD / Import)
06/05/2022
Electronique

À peine un an après The Loss Of Wilderness, ILUITEQ est déjà de retour avec un nouvel album, au regard toujours tourné vers l’extérieur et ce qui entoure les musiciens. Après le dérèglement climatique, c’est, plus généralement, l’état du monde qui les préoccupe ici, tout en conservant cette lueur d’espoir qui poignait sur le dernier morceau de leur précédent long-format et qu’on retrouve, cette fois-ci, dans l’intitulé du disque. Musicalement, l’évolution se fait également sentir puisque les Italiens se dirigent vers une sorte de post-rock alangui et électronisé, qui trouve parfaitement sa place sur n5MD : tous les morceaux dépassent les cinq minutes et trente secondes, les nappes se font plus accueillantes et des lignes de guitare se chargent des parties mélodiques, diablement attachantes.
Comme souvent avec ce registre, l’émotion naît de manière assez souterraine, mue par la conjonction de nappes et notes, que celles-ci proviennent des six-cordes (The Dark Outside) ou du clavier (Suspension). Flirtant avec la limite de la facilité par endroits, Andrea Bellucci et Sergio Calzoni s’en tirent, au global, par leur capacité à, d’une part, enrichir progressivement leurs titres (introduction d’une rythmique sur The Light Inside ou d’une pulsation plus sourde sur Rarefaction) et, d’autre part, savoir conclure leurs morceaux au bon moment, et à tenir contenue l’émotion précitée. Sans révolutionner ce style musical, ILUITEQ démontre ici une capacité d’évolution tout à fait intéressante.
le 21/07/2022