(Hubro / Outhere Distribution)
13/05/2022
Rock

Contemporain / Folk / Hubro / Slagr
Après avoir laissé passer leur précédent album (pourtant déjà paru chez Hubro) qui, lui-même, faisait suite à d’autres disques sortis depuis 2007 sur d’autres labels, il est temps de s’arrêter sur une publication de Slagr, trio de folk contemporain, formé par une violoncelliste, une violoniste (au Hardanger fidddle) et un vibraphoniste. La concordance entre ces trois instruments constitue, naturellement, toute la singularité de la formation norvégienne, chacun prenant le relais de l’autre pour assurer la partie principale des morceaux successifs.
Lorsque le vibraphone d’Amund Sjølie Sveen se trouve, ainsi, en première ligne, c’est une atmosphère à la fois aquatique et cristalline qui est mise en place (Glimmerskyer, Søvnløs). Quand c’est au tour du Hardanger fiddle d’Anne Hytta, l’ambiance d’ensemble est légèrement plus grinçante, mais également plus enveloppante (Tåke, Voggesang). Enfin, lorsque Katrine Schiøtt positionne son violoncelle au premier plan, les sonorités se font encore plus chaleureuses et accueillantes (Legende).
De manière plus générale, la conjonction entre les instruments permet de conjuguer notes tenues, plages posées en arrière-plan et propositions plus mélodiques. À rebours de ce qu’on pourrait intuitivement imaginer, ce ne sont pas forcément les cordes qui sont chargées des premières et le vibraphone des mélodies, puisque ce dernier sait aussi, par des mesures répétées, par exemple, offrir un tapis sonore permettant aux violoncelle et Hardanger fiddle d’évoluer. Avec cette belle variété et cette forme de singularité, on regrette un peu la relative brièveté d’un disque durant moins de quarante minutes, comme on ressent aussi l’envie de pouvoir découvrir sur scène Slagr, nouvel exemple de la belle vitalité de cette scène norvégienne.
le 25/07/2022