du 13/05/2022 au 30/08/2022
Musée d’Arts,
Nantes
En marge d’un Voyage à Nantes qu’on a connu plus fringant, le Musée d’Arts propose, dans son bel espace central dénommé le patio (grâce auquel on put voir, depuis la réouverture du lieu, plusieurs expositions très stimulantes), une présentation personnelle d’Angela Bulloch qui joue astucieusement sur les volumes et formes. Inscrite dans la géographie locale, la Canadienne a, en effet, disposé, au plafond, une reproduction du ciel de Nantes le 21 juin 2021 (l’exposition aurait dû se tenir, initialement, l’an passé) : avec de la feutrine noire et des LEDs colorées, elle parvient à figurer en deux dimensions la voûte céleste.
Ce mouvement entre 3D et 2D se retrouve, au reste, tout au long de l’exposition puisque l’espace central regroupe, façon jardin de sculptures, une douzaine de colonnes, faites de polyèdres aux formes différentes, tandis que les murs du péristyle accueillent des peintures correspondant à ces sculptures, entre ombres portées et empreintes laissées par les créations. Vagabondant au milieu des colonnes, le public se trouve saisi par la légèreté de ces compositions, réalisées en bois, métal ou marbre synthétique, dont la stabilité de l’empilement tient souvent du mystère ou du précaire. Entre jeu de construction pour enfants et tentative de mimétisme avec des édifices plus classiques (lecture facilitée par la présence de l’exposition au centre d’un bâtiment ancien), l’ensemble d’Angela Bulloch se trouve rehaussé par le fait que certains polyèdres sont éclairés de l’intérieur, d’une couleur variant, conférant un semblant de vie à ces créations humaines, ou bien confirmant leur dialogue avec la voie lactée qui les surplombe, voire les élevant à un rang d’étoiles.
Tel un visiteur spatial, évoluant dans cet amas non familier, le spectateur se voit également intégré à ce voyage quasi-immobile puisque deux vidéos saisissent les lieux pour les reproduire en y ajoutant un système planétaire naviguant entre les sculptures. De prime abord, on a tendance à penser qu’il s’agit là d’une captation en semi-direct, simplement agrémentée de cet ajout. Or, il s’agit, en vérité, d’une modélisation 3D du patio, de ses arcades et des œuvres qui s’y trouvent, et le personnage qu’on aperçoit n’est pas un visiteur quelconque mais une figure créée aussi par la Canadienne, nouvel avatar de ce jeu sur les dimensions qui trouve, ici, une très belle déclinaison.
le 28/07/2022