(Mille Plateaux / Bigwax Distribution)
20/05/2022
Electronique

Situé dans la droite ligne d’Alter, son album publié au printemps 2020, quand il avait rejoint Mille Plateaux, le nouveau disque d’Automatisme reprend le découpage entre morceaux intitulés Rate et titres appelés Scape. Ici affublés du préfixe Ultra, ils conservent le schéma éprouvé sur Alter puisque les premiers opèrent dans une techno bordée de click’n’cuts, tandis que les seconds œuvrent dans un registre plutôt ambient-dub. Mais comme ils s’appellent tous « Ultra », il faut imaginer qu’ils ont été renforcés, gonflés, dopés même par rapport au format initial.
Ce mouvement de dilatation se traduit, déjà, par la durée de chaque piste puisque la longueur moyenne s’établit au-dessus des sept minutes. Ensuite, les éléments convoqués s’avèrent plus nombreux, dans une recherche de richesse qui agit en antiphrase avec l’intitulé de l’album du Canadien. Sous ce rapport, même une proposition qui aurait pu être ascétique comme Ultra-Rate 5) déploie un travail sur les fréquences agrémenté de couches supplémentaires, pas forcément inintéressantes par elles-mêmes, mais qui sont parfois un peu trop soulignées et s’arrêtent, en outre, de manière très sèche.
Dès lors, on admet trouver davantage de qualités aux morceaux de la série Ultra-Scape, leur belle granulosité, la conjonction entre rythmiques pas trop marquées et souffles. Néanmoins, William Jourdain se laisse aller, en fin de disque, à une certaine facilité en étirant sur plus de douze minutes Ultra-Scape 3, dans un geste qui ne justifiait pas nécessairement, bien que l’ampleur considérée soit assez prenante et enveloppante.
le 01/08/2022