(Sofa / Import)
27/05/2022
Electronique

Expérimental / Propan / Sofa
Cherchant à évoluer, après trois disques centrés sur leurs voix et des effets, les deux jeunes femmes de Propan se sont entourées de six musiciens pour leur nouvel album, initialement pensé dans le cadre d’un festival, tenu en 2016 à Oslo et curaté par Femme Brutal, collectif de DJ féministes. Les six invités, réunis sous le nom de « Propanions » (mot-valise entre le nom du duo et « companions »), permettent d’élargir le spectre des Norvégiennes, intégrant, aux expérimentations des autrices, plusieurs instruments (guitares électrique et acoustique, contrebasse, batterie, synthés et trompette) qui s’acclimatent, néanmoins, avec leur univers, basé sur les différentes possibilités de la voix humaine.
C’est ainsi que la contrebasse et la guitare électrique jouent en étouffant les cordes, comme de petites onomatopées (A II), tandis que la batterie travaille sur des toms au son mat, semblables à des claquements de langue (A IV) et que la trompette fait valoir son souffle détimbré (A III). À côté de ces effets quasi-mimétiques, quelques envolées plus mélodiques et différenciantes se font entendre, à l’image des lignes rapides du synthé d’Anja Lauvdal, venue de Moskus pour accompagner Propan (A III).
Sur certaines pistes, et notamment sur la face B du disque, on retrouve la prépondérance vocale des deux jeunes femmes, dont le chant (en « pa-la-la-la ») est souligné par la guitare électrique qui reprend leur mélodie (B II), ou bien qui s’évertue à enchaîner bruits de bouche et petits cris (B III et B IV). Généralement assez brefs, les morceaux de Natali Abrahamsen Garner et Ina Sagstuen savent aussi s’étirer au-delà de cinq minutes et, sans surprise, en profiter pour déployer une orchestration plus riche et plus subtile, aux confins du free-folk (A V), dans un mouvement qui explore, ici, une nouvelle et intéressante étape.
le 02/08/2022