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10/06/2022
Rock

Nouvel exemple de la vitalité de la scène indépendante d’Oslo (jazz, improvisée, expérimentale) avec le premier album d’un duo mêlant guitare acoustique et viole de gambe, et rejoint sur scène (ou, comme ici, sur quelques enregistrements) par un troisième musicien. Pour Firstness, c’est le batteur Jan Martin Gismervik qui rejoint les deux Norvégiennes pour soutenir leur propos et apporter corps et contenance aux morceaux qui constituent cette cassette. Précisément, au-delà de l’aspect à la fois chic et très à la mode de publier son album sur cassette, le duo a pleinement pensé cette sortie pour ce format, puisque les morceaux d’une face se trouvent sur l’autre face, mais joués en sens inverse, dans un travail délibérément tourné vers la circularité.
Les accords répétés de guitare acoustique d’Helen Louise Solberg et la batterie régulière de leur compère participent assurément de ce sentiment sur I, piste d’ouverture de la cassette. Rythmée et enlevée, cette première plage voit également la guitariste chanter, dans une veine pas loin du free folk. Ce sont, ensuite, des terres plus ascétiques et expérimentales qui sont explorées, avec un travail à l’archet sur la viole de gambe d’Inga Margrete Aas, soit caressant, soit frappant les cordes avec cette métronomie qui caractérise, donc, les Norvégiens (les accords de guitare sont, eux aussi, pincées avec cette même régularité). Assez envoûtantes, les compositions qui en résultent sont, à nouveau, traversées par la voix de Solberg, chargée de chanter (ou dire, c’est selon) un poème ou des extraits d’une chanson de Neil Young.
Dans le sens inverse, les paroles ne sont, évidemment, plus du tout intelligibles même si, au début, l’auditeur peut penser que son lecteur de cassette est mal réglé (comme une platine vinyle mal pitchée). Cette seconde face agit alors comme une queue de comète de la première, entre relecture un peu décalée et regard de biais, même si le geste technique ne fut certainement pas trop compliqué à mettre en œuvre. Esthétiquement, cela permet-il de relire de manière intéressante la première face ? Pas vraiment car celle-ci se suffisait bien à elle-même. Pour autant, cette seconde face n’aurait-elle pas du exister ? Pas vraiment, non plus, car elle s’inscrit en bonne cohérence avec le registre suivi par O.
le 15/08/2022