(Room40 / Import)
17/06/2022
Electronique

Avec une publication tous les deux ans (qu’elle soit solitaire ou partagée), Alberto Boccardi n’encombre pas autant les bacs et rayonnages des disquaires que d’autres musiciens ambient, mais nous donne régulièrement de ses nouvelles, en bon artisan d’une scène électro-acoustique italienne toujours aussi vivace. Pour Petra, il fait le choix de se recentrer sur ses éléments électroniques, pour une cassette assez expérimentale, dans laquelle les sons torturés s’empilent, relayés par des apports pointus, de petits larsens et des mini-vrombissements.
Pensé quand l’Italien vivait au Caire, il a attendu de revenir à Milan pour l’enregistrer, et se faire alors accompagner par Cinzia De Lorenzi, danseuse et chorégraphe, chargée de poser une voix spectrale sur trois des cinq morceaux. Celle-ci ne se fait pas envahissante, et se coule assez bien dans le minimalisme induit par le travail de Boccardi, intervenant de manière détimbrée, tout à fait en phase avec les tapotements ou frottements proposés par le musicien. Dans ce contexte, c’est plutôt naturellement que les morceaux les plus riches auront notre préférence, surtout quand ils savent également ramasser leur propos en-dessous des cinq minutes, durée pertinente car elle incite à ne pas s’égarer dans des divagations un peu faciles et gratuites (Silice). La conjonction de matériaux organiques (voix, claquement de langue) et de constructions électroniques y est alors véritablement probante, tenue et profonde.
Sur le reste de la cassette, le travail de recherche d’Alberto Boccardi se déploie, dans une forme parfois un peu aride, mais qui trace un chemin cohérent, à la fois par rapport à son parcours jusqu’alors et au regard du label, Room40, sur lequel est publié ce Petra.
le 22/08/2022