(Room40 / Import)
15/07/2022
Electronique

Deux ans après avoir livré un album en format uniquement numérique, sur Someone Good, Madeleine Cocolas franchit un palier avec la parution d’un long-format en CD, sur la maison-mère Room40. Très convaincant, son effort précédent trouve une forme de prolongement ici puisque le disque alterne morceaux éthérés (sonorités des nappes de clavier, vocalises de la jeune femme) et une piste centrale intégrant davantage d’instruments ou de rythmiques.
Avec un intitulé comme Spectral, il n’est pas surprenant d’être confronté à la première veine citée, et de se trouver, donc, face à des plages dans lesquelles un piano pose quelques accords minimaux tandis qu’une voix féminine et des souffles captés à l’extérieur tapissent l’arrière-plan (le très beau Enfold ou bien le vaporeux In Waves) ou bien qu’une texture plus riche en matériau électronique n’évolue progressivement (And Then I Watch It Fall Apart). Lorsqu’une guitare d’Anthony Cocolas prend le relais du piano, l’ensemble conserve la même beauté un peu fragile, la même délicatesse un peu ourlée (Rip).
Le qualificatif « spectral » peut également être accolé aux propositions moins évanescentes, à l’image de Northern Storm, ses grésillements, ses accords tenus et son atmosphère plus sombre. À peu près aussi captivant que les morceaux opérant dans la première veine, ce genre de titre permet de renouveler l’écoute et d’apporter du corps et de la densité au propos de l’Australienne, et un second, de la même eau, aurait pu aisément trouver sa place sur l’album. Formé à partir d’enregistrements captés autour d’elle, Spectral ne verse, enfin, pas dans le « tout-field-recordings », écueil pas toujours évité par d’autres disques parus chez Room40, et nous persuade, donc, de continuer à suivre le parcours de Madeleine Cocolas.
le 01/09/2022