Bernhard Fleischmann

Music For Shared Rooms

(Morr Music / Modulor)

 date de sortie

12/08/2022

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Bernhard Fleischmann / Electronica / Morr Music

 liens

Bernhard Fleischmann
Morr Music
Modulor

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Bien qu’ayant été plutôt déçu par son album de 2018, c’est très souvent vers Bernhard Fleischmann qu’on se tourne lorsqu’on cherche à écouter un disque d’electronica et qu’on hésite face à la discothèque. Avec dix albums derrière lui, l’Autrichien a exploré plusieurs champs de ce style, entre instrumentaux un peu « crunchy » et électro-pop, disques enregistrés tout seul et albums avec plusieurs invités. Pour son onzième long-format, il regroupe seize morceaux issus de centaines de propositions écrites pour accompagner films et pièces de théâtre. C’est avec un peu de suspicion qu’on s’attèle, alors, à l’écoute de ce Music For Shared Rooms, craignant une compilation hétéroclite. S’il s’agit un peu de cela (notamment dans la durée des pistes, allant de deux minutes trente à six minutes), la personnalité du musicien ne disparaît jamais et, pour qui connaît bien son travail, sa patte demeure.

De toute façon, dès le deuxième titre, le Viennois nous accroche : avec ses multiples couches rythmiques, sa mélodie à la fois robotisée et planante, et son aspect globalement entraînant, Brenne déploie, sur six minutes, de réelles qualités. Une fois cette sorte d’ouverture passée, Fleischmann peut aller librement fureter dans plusieurs registres, avec une batterie réelle bien en avant (Taxi Driver), un piano inspiré de Pour Élise (Der Lämkrieg), une pièce dans laquelle les cordes sont majoritaires (Sehnsucht), une autre où intervient une mini-fanfare (Flüchtlingswalzer), une piste sonnant comme une forme de mise en place d’un orchestre symphonique (Zweites Vierteljahr). Il sait aussi aborder des contrées plus alanguies (Entwurf Einer Ballade, Die Erde Ist Mir Fremd Geworden) ou plus enlevées (Take The Red Pill).

À chaque fois, néanmoins, son style continue d’apparaître et d’être identifiable : une consonance, une rythmique, quelques granulosités, la tonalité d’un accord, etc… Ce double mouvement, de variété et de fil rouge, pour résumer, permet d’éviter la forme de trop-plein à laquelle s’expose Music For Shared Rooms avec ses seize plages et ses soixante-dix minutes. Cela favorise également un maintien de l’attention de l’auditeur, dans un contexte où, au bout d’un moment, il pourrait être tenté de décrocher. Au total, on retrouve donc un Bernhard Flesichmann plus convaincant que sur Stop Making Fans, malgré les limites du présent exercice, qu’on prendra alors comme une planche d’appel pour (certainement) revenir à un excellent niveau avec son prochain album.

François Bousquet
le 30/09/2022

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