du 10/06/2022 au 02/10/2022
HAB Galerie,
Nantes
À l’instar de plusieurs autres lieux d’art contemporain, la HAB Galerie inspire de plus en plus les créateurs qui s’y produisent. C’est ainsi que Michael Beutler, invité pour l’été, dans le cadre du Voyage à Nantes, à présenter une exposition dans la grande cellule du Hangar à Bananes peut y déployer un travail in situ, par la grâce d’un mât, perçant le toit du hangar et qui se déplace au gré du vent, afin d’écraser et de moudre du papier, au sein d’une grosse machinerie.
Plus généralement, Plonger Et Puiser nous propose tout un cycle de fabrication du papier, occupant tout l’espace du lieu d’exposition : bacs de récupération de feuilles usagées, bidons d’eau permettant d’humidifier celles-ci, râpe broyant le papier détrempé, filet et châssis récupérant la pâte à papier pour la poser ensuite sur une table à presser, presse actionnée, donc, par l’action du vent et, enfin, rouleaux sur laquelle les grandes feuilles peuvent reposer. Construite principalement en bois, semblables, par certains aspects, à un bateau, cette grande machinerie dialogue évidemment avec la Loire qui borde le Hangar à Bananes.
Venus visiter cette exposition en fin de saison, nous pûmes, au-delà de la technicité de cet appareillage, apprécier le résultat du travail artisanal de l’Allemand puisque les grandes feuilles sont conservées, au fur et à mesure, dans l’espace. Telles de grandes tentures, elles rythment le parcours, avec leurs couleurs pastels et leurs formes ondulatoires, dues à l’empreinte laissées par les rouleaux et qu’on est, une nouvelle fois, tenté de rapprocher des variations du courant et des vagues. Par ailleurs, leur caractère brut résonne avec le béton apparent de la galerie.
Pour autant, tout cela constitue-t-il vraiment un geste artistique ? Rien n’est moins sûr, et s’il s’agit, assurément, de saluer l’inventivité et la dimension « faite main » de la composition de Michael Beutler, sur le plan purement esthétique, on peut trouver l’ensemble un peu court, à l’image d’un Voyage à Nantes dont il se confirme que, cette année, il fut moins fringant qu’à l’accoutumée.
le 05/10/2022