LEYA / Delphine Dora

 date du concert

30/09/2022

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 tags

Delphine Dora / LEYA / Lieu Unique

 liens

Lieu Unique
Delphine Dora

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Partenaire de plusieurs salles en région ou en Suisse, Les Yeux Fermés ont essaimé au-delà de la Gaîté Lyrique, où on avait vu une des trois dates de leur mini-festival en juin 2021, et proposent régulièrement des soirées dans des espaces comme le Confort Moderne ou le Lieu Unique. C’est dans ce le Salon de Musique du bâtiment nantais qu’on retrouva le concept de « concert dans le noir », mais avec un dispositif plus perfectionné qu’à Paris : lumières vertes des blocs de sécurité masquées, tissu opaque posé sur les diodes des pédales non utilisées, console de mix placée derrière les spectateurs, espace et jauge plus adaptés à cette proposition.

Allongé sur de confortables boudins, le public, assez nombreux, assista d’abord à un concert de Delphine Dora, musicienne installée derrière un piano droit, sur lequel elle jouait quelques notes éparses, en pinçait les cordes et y apposait de petits éléments provoquant frottements et perturbations. En parallèle, à l’aide d’un sampler et d’un micro, elle intégrait bribes vocales et pré-enregistrements (bruits d’eau, sons urbains, discussions captées au hasard, etc…). Un peu trop hiératique dans son début (peut-être le temps d’apprivoiser l’espace et cette configuration), le set de la Française gagna en intérêt et en consistance, à mesure que le piano était de plus en plus « préparé ». Au total, sa prestation se montra toutefois un rien trop froide et distante, mais une sincérité certaine poignit quand même.

Quelques minutes plus tard, le duo LEYA s’installa de l’autre côté de la petite estrade, éclairé d’une petite lumière nécessaire à Marilu Donovan pour jouer de sa harpe, souvent interprétée dans ses notes aigües, et dont la forme se découpait en ombres chinoises, par la grâce de la lampe mise aux pieds de la jeune femme. À ses côtés, Adam Markiewicz chantait, muni d’un violon électrique. Un peu grandiloquent par moments, quand il partait en voix de tête, chantait en dehors de son micro ou quand sa voix se parait de réverbération, l’interprète parvint, néanmoins, à combiner forme proche du lyrique avec apports électroniques. Cette belle singularité des New-Yorkais se déploya sur la petite dizaine de morceaux joués en ce vendredi soir, au sein desquels l’apport électrique du violon ne semblait pas complètement exploité (peu de boucles ou d’autres utilisations de cet aspect). Pour autant, la proposition se montra parfaitement adaptée à la pénombre et au sentiment un peu irréel qui en résultait.

François Bousquet
le 06/10/2022

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