Festival Biarritz Amérique latine 2022 - Reprise du palmarès

 date

du 26/09/2022 au 02/10/2022

 salle

Cinémathèque Française,
Paris

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Changement de délégué général au Festival Biarritz Amérique latine (Jean-Christophe Berjon et son solide parcours, notamment à la tête de la Semaine de la Critique pendant plusieurs années, prenant la suite d’Antoine Sebire) mais ambition toujours intacte avec ce souhait de rendre compte, le plus largement possible, de la vitalité du cinéma latino-américain. Parmi les dix longs-métrages, chaque pays n’en comptait, ainsi, que deux maximum, et les femmes (six réalisatrices) dominaient les hommes (quatre, donc). Au sein de ces dix films, on retrouvait 1976, vu à la Quinzaine des Réalisateurs cette année et lauréat du Prix du Public, et Los Reyes del Mundo de Laura Mora qui reçut l’Abrazo du meilleur film. Étonnamment, ce n’est pas ce long-métrage qui fut proposé lors de la reprise parisienne du palmarès, mais Tengo sueños eléctricos, récompensé par un « coup de cœur du jury » pour sa jeune actrice.

Auparavant, ce fut bien le Prix du meilleur court-métrage qui fut diffusé, avec Fantasma Neon, déjà récipiendaire du Léopard d’or à Locarno en 2021 et de deux prix au Cinelatino de Toulouse au printemps dernier. Dans une grande ville brésilienne, un livreur à vélo rêve d’une moto, et ce rêve se fait par l’entremise de chansons et pas de danse, interprétés par et aux côtés de ses collègues du bitume, aux prises avec les clients mécontents et les automobilistes hargneux. L’aspect politique et revendicatif de cette peinture de la condition de ces soutiers de notre temps se trouve donc pris en charge par ce double biais du chant et du décalage entre ce qui est montré et ce qu’on entend et voit. Pour autant, Leonardo Martinelli ne marque pas suffisamment ce décalage pour créer un véritable effet et, à l’inverse, ne rend pas son court-métrage suffisamment naturaliste pour pleinement toucher.

Également passé par Locarno, mais en 2022, et lauréat de trois prix, Tengo sueños eléctricos arrivait à Biarritz avec une solide réputation, renforcée par l’attribution de la Concha de Oro, la semaine précédente au festival de San Sebastián. Sensible (comme à Locarno, d’ailleurs) à la performance de Daniela Marín, le jury de Biarritz lui a donc décerné un « coup de cœur », au sein d’un palmarès voulant embrasser largement (la moitié des longs-métrages reçut un trophée). Il faut reconnaître que la jeune fille de 16 ans est de tous les plans, s’emparant de ce rôle d’adolescente tiraillée entre sa mère (avec laquelle elle vit, aux côtés de sa petite sœur) et son père (récemment séparé de sa mère et qui tente de se faire une place dans la société malgré ses accès de colère). Dans cette forme de récit d’apprentissage, le spectateur reconnait aisément de nombreux motifs : la fête foraine avec des amis, la première fois dont on ne sait pas si elle est vraiment désirée, une cuite qui passe mal, un premier chagrin d’amour, etc…

Dans un contexte familial un peu particulier, Valentina Maurel brosse, cependant, le portrait d’une héroïne à la fois très mature (elle recherche un appartement pour son père, gère sa petite sœur) et, en même temps, très fleur bleue par endroits. Possiblement trop long, et trop chargé dans sa description de la toxicité masculine, Tengo sueños eléctricos confirme, néanmoins, que ce type de comportement et ce genre de tourments adolescents traversent les frontières, y compris jusqu’au Costa Rica, pays dont, artistiquement, les nouvelles sont assez rares.

Date de sortie :
 Tengo sueños eléctricos : 8 mars 2023

François Bousquet
le 25/10/2022

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