Pierce Warnecke

Deafened By The Noise Of Time

(Room40 / Import)

 date de sortie

05/08/2022

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Pierce Warnecke / Room40

 liens

Room40
Pierce Warnecke

 autres disques récents
Midori Hirano
OTONOMA
(Thrill Jockey)
Mary Lattimore & Julianna Barwick
Tragic Magic
(InFiné)
Isabel Pine
Fables
(Kranky)
Hiroshi Ebina
On Solitude
(Kitchen.)

À l’instar de plusieurs autres artistes ambient, Pierce Warnecke a beau se faire assez rare pour ses disques en solo (il s’agit de son premier depuis 2018), il se montre très présent via des publications collaboratives ou des tournées et c’est, d’ailleurs, au sortir d’un concert dans l’Église Saint-Merry de Paris qu’il a commencé à composer ce nouvel album. Fidèle à Room40, il est également fidèle à son ambient composite dans laquelle de nombreux éléments sont convoqués et traités numériquement.

Sur Memory Fragments, l’États-unien se trouvait accompagné d’un batteur et d’un double-bassiste alors que, cette fois-ci, ce sont une myriade de matériaux collectés individuellement qu’il filtre et triture pour réaliser les quatre longs morceaux de son disque. Field recordings, souffles divers, bruits capturés ici ou là : la panoplie traditionnel de ce style musical sont sollicités, destinés à recouvrir une nappe, « comme la rouille recouvre le métal » nous indique Pierce Warnecke. La comparaison est assez juste, du fait de la granulosité et du flirt avec le larsen témoignés par les différents adjuvants aux textures d’origine. Au reste, c’est lorsque ceux-ci prennent véritablement corps que le propos du musicien apparaît comme le plus pertinent, tel le milieu de Untitled II, avec ses sortes de craquèlements spatialisés, ou la fin de ce même titre avec son piano un peu brinquebalant.

Sortant, donc, d’une prestation dans une église, Pierce Warnecke se trouvait encore marqué par son orgue et les possibilités offertes de notes tenues, dans un jeu en crescendo et decrescendo. On retrouve ce mouvement sur Untitled III, geste toutefois un rien trop scolaire pour un musicien de cette scène ambient. En fin de disque, c’est un matériau plus saturé et grésillant qui est employé, amenant une forme de malaise pour l’auditeur, ou bien d’inconfort (au sens d’une sortie d’une zone de confort) qui, à bien y réfléchir, est possiblement plus intéressante que la poursuite d’un chemin bien balisé.

François Bousquet
le 04/11/2022

À lire également

Nicola Ratti
The Collection
(Room40)
Lawrence English
Wilderness Of Mirrors
(Room40)
Norman Westberg
After Vacation
(Room40)
Chris Abrahams
Fluid To The Influence
(Room40)