(Ghostly International / Import)
09/09/2022
Electronique

Après la bonne surprise qu’avait constitué OPENING, nous n’avions pas rendu compte des deux longs-formats publiés par Christopher Willits en 2017, estimant ces parutions trop passe-partout dans le registre déjà bien embouteillé de l’ambient. Avec Gravity, on se situe sur un constat assez voisin, mais il paraît toutefois intéressant de recenser cet album, ne serait-ce qu’afin de poursuivre le compagnonnage avec le Californien, suivi depuis vingt ans sur ces pages, bien avant qu’il ne rejoigne Ghosty International.
Assez passe-partout, Gravity l’est dès sa pochette, composition un peu irisée sur des dunes éclairées par un soleil rasant, entre fond d’écran livré en série et illustration tautologique d’une musique faite d’aplats de guitares et synthés. Au-delà des inévitables bruits d’eau, quelques vocalises féminines viennent évidemment se joindre à l’ensemble (celles d’April Vista sur Crescent et d’Elissa LeCoque sur l’aérien Spiraling) tandis que Brett Allen apporte des synthés supplémentaires sur Tunnels, conférant une jolie dimension ondoyante à cette longue piste. En revanche, on ne trouve plus ni guitare baryton, ni batterie réelle, absences qui laissent un sentiment de trop grande homogénéité, à peine rompue par une piste plus courte et quasiment atonale qui surprend un peu par sa sécheresse (Unknown).
Travaillant habilement la stéréo et la spatialisation de sa matière sonore, Christopher Willits ne parvient pas, néanmoins, à magnifier ces éléments techniques, ni à les mettre au service de quelque chose qui viendrait les transcender. Nullement honteux, ses huit morceaux pourraient être l’œuvre de tant d’autres musiciens passés en revue ces dernières années qu’on en oublie cet album aussitôt qu’on en a fini l’écoute.
le 14/11/2022